Tribune de Sarkozy: La référence à la Stasi fait réagir

POLITIQUE La comparaison est «insupportable», selon Montebourg...

W.M.

— 

Nicolas Sarkozy au meeting de NKM, le 10 février 2014.
Nicolas Sarkozy au meeting de NKM, le 10 février 2014. — JOEL SAGET / AFP

Une petite phrase aux mots particulièrement choisis. Nicolas Sarkozy a embrasé la classe politique à la veille d’un week-end électoral où il a comparé les écoutes téléphoniques dont il est l'objet  aux méthodes d’investigation de la Stasi, la police politique de l'ex-RDA qui a espionné des millions d'Allemands de l'Est en s'appuyant sur un réseau de délateurs au sein de la population, a fait bondir la gauche.

>> A lire sur 20 Minutes: L'ancien président n'a pas tout dit... et se trompe parfois

 

La comparaison avec la Stasi «est insupportable, parce qu'en Allemagne de l'Est, c'est une police politique, sous inspiration politique avec des déterminantes politiques», a réagit le ministre PS Arnaud Montebourg.

Totalitarisme

A l’inverse, son proche, Henri Guaino, a abondé dans le sens de l’ancien président. «Quand on se met à écouter tout le monde à tort et à travers, vers quel type de régime se dirige-t-on?», a-t-il questionné, interrogé sur Europe 1. «Quand il n'y a plus de sphère privée, plus d'intimité, plus de secret des personnes, des correspondances, ça s'appelle, dans l'Histoire, le totalitarisme», a ajouté l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.


Guaino : "vers quel régime se dirige-t-on ?" par Europe1fr

La référence fait même réagir policiers et juges. Dans un communiqué, le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI, majoritaire chez les officiers de police) l’affirme: «La police n'est pas la Stasi!», dit-il. Le SCSI «regrette qu'un ancien président de la République et ancien ministre de l'Intérieur puisse faire de telles déclarations». «Comment peut-il oublier que la Stasi pratiquait des écoutes administratives généralisées alors que dans cette affaire il s'agit d'une interception téléphonique intervenant dans le cadre d'une instruction judiciaire relative au délit supposé de trafic d'influence», ajoute le syndicat de policiers.

Juges indépendants

Même la présidence du tribunal de grande instance de Paris, poste habituellement très discret, a dû rappeler dans un communiqué que «les juges d'instruction, statutairement indépendants, instruisent à charge et à décharge et que leurs décisions sont soumises au contrôle des juridictions supérieures».

Enfin, un député franco-allemand, Matthias Fekl, né en Allemagne en 1977, qui dit avoir «grandi à Berlin, à une époque où, de l'autre côté du Mur, le seul fait de prononcer le mot “Stasi” pouvait vous glacer le sang», a appelé les «républicains de la droite et du centre» à «sortir de leur silence» face aux «attaques» de Nicolas Sarkozy envers les institutions françaises et à son évocation des méthodes de la Stasi.