Marine Le Pen: «Les antisémites sont dans les quartiers»

POLITIQUE En réponse à deux passants sur un marché qui accusaient le FN d'avoir été par le passé antisémite...

B.D. avec AFP

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Marine Le Pen, la présidente du Front national, le 21 janvier 2014 à Paris.
Marine Le Pen, la présidente du Front national, le 21 janvier 2014 à Paris. — AFP PHOTO/BERTRAND GUAY

Marine Le Pen a affirmé ce mercredi à Nice que les antisémites étaient «dans les quartiers», où ils organisent «le recrutement pour le djihad islamique», en réponse à deux passants sur un marché qui accusaient le FN d'avoir été par le passé antisémite.

Un premier passant, sur le marché de la Libération à Nice, vient au devant de la patronne du FN pour lui demander si son parti est «toujours antisémite». «Le FN n'est pas antisémite», répond la députée européenne. «Il l'a toujours été», assure le passant. «Il ne l'a jamais été», rétorque Marine Le Pen, qui ajoute: «Et aujourd'hui, je vais vous dire où ils sont les antisémites, ils sont dans les quartiers, là où ils sont en train d'organiser le recrutement pour le djihad.»

«Montée du fondamentalisme islamique»

«Le vrai danger pour les Juifs c'est la montée du fondamentalisme islamique dans notre pays», poursuit-elle. Marine Le Pen a ensuite été interpellée par un autre passant sur les «mauvais propos qu'a eus le FN sur les Juifs». Elle lui a répondu: «C'est une journée particulière, c'est l'anniversaire d'un drame, le drame de l'affaire Merah. On peut avoir une pensée aujourd'hui pour les victimes de l'islamisme fondamentaliste.»

D'après elle, «on a essayé d'évacuer ["l'islamisme fondamentaliste"] du débat public et on sait pourtant qu'il fait des émules tous les jours». Le passant disant avoir «entendu (Jean-Marie Le Pen) une fois dire qu'il n'y avait pas d'Holocauste», Marine Le Pen affirme: «Non il ne l'a pas dit.»

Au cours de l'émission du Grand Jury RTL-Le Monde du 13 septembre 1987, Jean-Marie Le Pen avait déclaré qu'à ses yeux, les chambres à gaz, dans lesquelles des millions de Juifs ont péri, étaient «un point de détail de l'histoire de la deuxième guerre mondiale». Condamné en justice pour ces propos, il les avait réitérés en 1997 en Allemagne, puis à nouveau en avril 2008 dans le magazine Bretons -diffusé en Bretagne et en région parisienne- et en mars 2009 au Parlement européen.

La présidente du FN poursuivait une tournée dans le Sud-Est en venant soutenir, avec une promenade sur un marché de Nice où elle a été bien accueillie, sa candidate dans la cinquième ville de France Marie-Christine Arnautu, qui obtiendrait, selon deux sondages publiés début mars, entre 12 et 14% des suffrages, en troisième position loin derrière le député-maire sortant UMP, Christian Estrosi. Elle devait se rendre à Antibes dans l'après-midi.