VIDEO. #DirectPolitique: Pour Hervé Morin, il faut «s'interroger sur la vente des porte-hélicoptères à la Russie»

POLITIQUE L'ancien ministre de la Défense était l'invité de «20 Minutes», Linternaute.com et «Ouest France»...

David Blanchard

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Hervé Morin, ex-candidat du Nouveau Centre à la présidentielle, lors d'un débat sur l'Europe fédérale, le 20 janvier 2012 à Nantes (Loire-Atlantique).
Hervé Morin, ex-candidat du Nouveau Centre à la présidentielle, lors d'un débat sur l'Europe fédérale, le 20 janvier 2012 à Nantes (Loire-Atlantique). — FRANK PERRY / AFP

L'ancien ministre de la Défense du gouvernement Fillon Hervé Morin était mardi l'invité de l'émission #DirectPolitique . L'occasion de balayer différents sujets d'actualité.

  • Jean-Louis Borloo et l'UDI

«Il a eu une vraie "saloperie" avec sa pneumonie. Il est en train de se retaper. J'espère qu'il sera là pour les rendez-vous des Européennes. J'aimerai qu'on construise les choses autrement qu'à travers le duel Borloo-Bayrou... La transformation du pays viendra d'un projet collectif et partagé.»

  • Quel objectif pour les municipales?

«On espère gagner Laval, Rouen, Caen, Alençon, Amiens... A Aix-en-Provence, les sondages sont très décevants: on pensait pouvoir gagner face à une candidate, Maryse Joissains (UMP) dont le clientèlisme a été dénoncé... A Pau, les sondages sont excellents. Si Bayrou perd à Pau, ce serait une surprise.»

  • Les affaires Sarkozy et Taubira

«La première erreur de Christiane Taubira, c'est d'aller sur TF1. Il n'y a aucune raison que la ministre de la Justice y aille, mais les mouches sont toujours attirées par le soleil des médias. Cela décrédibilise un peu plus le fonctionnement de la machine judiciaire. Je ne suis pas toujours en phase avec Nicolas Sarkozy, mais neuf mois d'écoutes, cela a un parfum d'abus de droit. C'est un justiciable comme les autres, et il doit répondre autant que les autres Français.»

  • Le pacte de responsabilité

«Est-ce que 10 milliards d'euros d'économie de charges vont régler la question de la performance de l'économie française et le retour au plein emploi? Nous avons fait le choix implicite du chômage de masse. Nos prélèvements fiscaux, nos décisions sur le temps de travail, notre système de formation, nos charges sur le travail ont amené le pays vers le chômage de masse. On a sacrifié celles et ceux dont la productivité et la qualification sont le plus faible.»

  • Les élections européennes

«On a besoin d'Europe. D'une Europe intégrée et puissante, capable d'apporter notre modèle. Pour porter ce message, on a besoin d'une économie forte. Il faut des mesures de protectionnisme aux frontières de l'Europe, tout en étant vigilant: un champ commercial s'ouvre. Il va y avoir trois milliards de Terriens au rang de classe moyenne dans les années à venir, qui vont consommer les mêmes produits que nous. C'est un potentiel considérable. Quand j'entends Montebourg raconter ses fadaises démocratiques sur le maillot de l'équipe de France, cela n'a pas de sens. Les Européens ne vont pas faire des tee-shirts. Je préfère que Thai Airways achète des Airbus.»

  • L'Ukraine

«Ce n'est pas un bras de fer facile à engager. Il faut une démarche unitaire entre Européens et Américains. Une réponse militaire n'a aucun sens: ce ne peut être qu'une réponse économique, avec des mesures sur les avoirs bancaires, la rupture de relations commerciales, s'interroger sur la vente des deux porte-hélicoptères à la Russie, mais dans ce dossier la France ne doit pas se retrouver seule.»

  • La Centrafrique et le budget de la Défense

«Soit la communauté internationale prend ses responsabilités, soit on en tire les conséquences. Il n'est pas question de rester avec 2.000 ou 2.500 soldats sur place pendant des années.» «Je regrette que pour des raisons politiques Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, attende la fin des municipales pour dévoiler son plan. François Hollande n'a pas eu le courage de poser sur la table les vrais sujets. Il faut repenser le modèle. Avoir un corps expéditionnaire capable d'intervenir et amener des briques capacitaires dans des opérations globales. Notre défense ne durera pas des années avec deux composantes nucléaires. Il ne faut conserver que la force stratégique sous-marine, et abandonner l'aérienne.»