Mort de Marc Blondel: «Une figure du syndicalisme s'en est allée», selon Michel Sapin

RÉACTIONS Les hommages affluent après l'annonce de la mort de l'ancien secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel...

B.D. avec AFP

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Marc Blondel, secrétaire général de FO, prononce un discours le 13 septembre 2003 au Zénith de Paris
Marc Blondel, secrétaire général de FO, prononce un discours le 13 septembre 2003 au Zénith de Paris — Philippe Desmazes AFP

La classe politique et syndicale a rendu hommage ce lundi à l'ancien secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel, décédé dimanche à l'âge de 75 ans.

L'Elysée a ainsi salué l'«un des grands acteurs du syndicalisme français», dans un communiqué. «Il laissera le souvenir d'un partenaire résolu, exigeant, parfois intransigeant, mais toujours au service de l'intérêt des salariés.» «Homme de principes et de valeurs, il croyait en la République sociale», souligne encore la présidence qui relève que, «natif du Pas-de-Calais, il était attaché à la mémoire des hommes et des femmes au milieu desquels il avait grandi».

Le ministre du Travail Michel Sapin a pour sa part salué un «négociateur acharné, rude parfois, toujours passionné», qui a «incarné un syndicalisme soucieux de l'indépendance de son organisation». «Une figure du syndicalisme s'en est allée», a souligné le ministre dans un communiqué.

L'ex-dirigeant de Force ouvrière était «capable de tenir l'estrade comme le pavé, capable de négocier comme de refuser, capable de provoquer comme de désarmer ses interlocuteurs», a poursuivi Michel Sapin. C'était «un personnage avec sa force d'entraînement» qui a incarné «plusieurs décennies de notre histoire sociale et restera comme un militant de la première à la dernière heure». Il était «également un grand républicain, viscéralement attaché à ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité», selon le ministre.

«Un homme chaleureux»

Pour Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste: «Notre pays perd aujourd'hui une grande figure du syndicalisme, inlassable défenseur des droits des travailleurs et du progrès social en France et dans le monde, farouchement attaché à l'indépendance syndicale (...) Les socialistes perdent également un camarade.»

Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national du Parti radical de gauche (PRG) à la laïcité a soulignéque depuis 2007 Marc Blondel était «président de la Fédération nationale de la Libre Pensée et à ce titre un défenseur exigeant de la laïcité, un militant de la paix et de la réhabilitation des fusillés pour l'exemple. C'est une voix forte pour la défense de la part de notre tradition Républicaine que nous avons héritée de la Révolution et de la Commune qui s'est éteinte».

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appris «avec une profonde tristesse» le décès de l'ancien dirigeant de Force ouvrière, une «grande figure du monde syndical et social français», écrit Matignon dans un communiqué. «Militant de la laïcité, Marc Blondel a porté de nombreux combats et restera une personnalité marquante de la vie sociale française», ajoutent les services du Premier ministre.

Le Premier ministre a pu, selon Matignon, «à de très nombreuses reprises, et encore récemment, échanger avec cet homme chaleureux sur l'actualité et constater son attachement constant à défendre ses convictions progressistes et à la défense des droits du monde ouvrier».

La maire de Lille Martine Aubry a quant à elle fait part de sa «très grande peine», soulignant que «dans [s]es différentes fonctions au ministère du Travail et de l'Emploi» elle avait «pu apprécier à la fois [s]a fermeté dans les convictions et [s]a capacité à écouter et à comprendre les positions d'autrui». «Ce fut un très grand syndicaliste qui a consacré toute sa vie aux conditions de vie et de travail des salariés», a ajouté Martine Aubry.

L'UDI souligne qu'«avec Marc Blondel disparaît un républicain engagé, dont l'action passionnée et le militantisme infatigable auront marqué à tout jamais l'histoire du syndicalisme en France».

Un «tribun hors pair»

Lorsqu'il dirigeait FO, Marc Blondel «défendait avec force la négociation dont il était un adepte, réclamant comme son prédécesseur André Bergeron, du "grain à moudre"». «Il défendait aussi avec force la hiérarchie des normes, de l'action législative et réglementaire de l'Etat jusqu'à la négociation d'entreprise, en passant par la négociation interprofessionnelle et de branche», a ajouté l'ancienne ministre du Travail.

Dès l'annonce de la mort de Marc Blondel, son successeur à la tête de FO, Jean-Claude Mailly, a salué un «tribun hors pair» qui «pouvait faire de la provocation» mais «l'assumait pleinement». C'était «quelqu'un qui avait une très forte détermination, un tribun hors pair qui a su donner à Force ouvrière et aux militants de la fierté de porter les couleurs de leur organisation», a-t-il ajouté.

«C'était quelqu'un avant tout libre et indépendant (...), qui était très attaché à la liberté et à l'indépendance de son organisation syndicale», a ajouté Jean-Claude Mailly, évoquant un leader «déterminé, courageux, lucide». «Les militants et les militantes qui l'ont bien connu sont tous un peu orphelins aujourd'hui», a-t-il ajouté.