L'Elysée prié de récupérer les enregistrements Buisson, «archives publiques»

ECOUTES L'avocat de l'ancien conseiller a lui-même évoqué des « enregistrements de travail »...

avec AFP

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Patrick Buisson, à Paris le 15 octobre 2012
Patrick Buisson, à Paris le 15 octobre 2012 — Miguel Medina AFP

Un ex-élu écologiste à l'origine de plusieurs affaires judiciaires embarrassant Nicolas Sarkozy a écrit le 10 mars à l'Elysée pour lui demander de faire en sorte de récupérer les enregistrements Buisson qui sont à ses yeux des « archives publiques ». Raymond Avrillier, qui a obtenu de l'administration la communication de nombreux documents au prix de batailles procédurales, est à l'origine d'enquêtes judiciaires comme celle sur le financement d'un meeting de campagne de Nicolas Sarkozy à Toulon en 2012 ou celle sur les sondages de l'Elysée.

Dans le cadre de ce dernier dossier, la justice administrative avait ainsi ordonné en février 2012 que soient remis à M. Avrillier plusieurs documents, dont « les études produites » pour le compte de Nicolas Sarkozy par Publifact, la société de Patrick Buisson, rappelle l'ancien élu de Grenoble dans sa lettre à l'Elysée, dont l'AFP a eu copie. Il avait ainsi mis la main sur quatre conventions, qui confiaient une mission de conseil politique, « laquelle s'effectuera sous forme verbale et écrite par Patrick Buisson auprès du seul président de la République », une mission « rémunérée mensuellement sur la base de 10.000 euros ».

«Sous réserve de blanchiment des passages concernant la vie privée»

Or, le résultat de ce travail de conseil en stratégie politique n'avait pas pu être remis à M. Avrillier, notamment parce qu'il avait été pour partie effectué oralement auprès du seul chef de l'Etat. Mais aux yeux de Raymond Avrillier, ce problème trouve sa solution avec l'annonce que Patrick Buisson a enregistré des réunions avec le chef de l'Etat. L'avocat de l'ancien conseiller a lui-même évoqué des « enregistrements de travail », relève Raymond Avrillier.

Ils sont donc, argumente-t-il, « constitutifs d'une partie de ces prestations payées sur fonds publics » et en conséquent « appartiennent aux archives publiques nationales ». Raymond Avrillier exige qu'ils lui soient communiqués par l'Elysée « sous réserve de blanchiment des passages concernant la vie privée, la vie sentimentale et familiale, le secret de la défense nationale ou le secret des relations internationales... »