La droite fait de Nicolas Sarkozy une «victime» d’«acharnement judiciaire»

POLITIQUE Alors que la droite dénonce un «acharnement judiciaire» à l’encontre de Nicolas Sarkozy, le politologue Emmanuel Saint-Bonnet estime que ces accusations «ne changeront pas les lignes politiques»…

Anne-Laëtitia Béraud
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Nicolas Sarkozy, le 10 mars 2014 à Nice.
Nicolas Sarkozy, le 10 mars 2014 à Nice. — BRUNO BEBERT/SIPA

Sale temps pour la droite, qui depuis une semaine collectionne les révélations et polémiques. Et la pilule qui ne passe pas, ce sont les écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Tout d’abord sonnée, l’UMP lance la riposte, dénonçant un «acharnement judiciaire» à l’encontre de son ancien champion Nicolas Sarkozy.

Mardi à l’Assemblée nationale, François Fillon en a appellé à la création d’une commission d’enquête parlementaire, alors que les députés UMP, par la voix de leur patron Christian Jacob, ont exigé du Premier ministre qu’il convoque «en urgence» le Parlement sur ces écoutes. Une demande balayée par le Premier ministre.

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Pour la droite, ces révélations se succèdent pêle-mêle alors que les élections municipales débutent dans douze jours... ce qui lui fait dire que la main du pouvoir socialiste est derrière ces polémiques délétères.

Mais faire de Nicolas Sarkozy une «victime» d’un «archarnement politico-judiciaire» pourrait-il aboutir? «Pas vraiment», explique le politologue indépendant Emmanuel Saint-Bonnet. «Cette stratégie fonctionnera à droite, avec les militants et les élus proches de Nicolas Sarkozy. Mais ces polémiques ne feront pas bouger les lignes politiques, car il reste toujours détesté à gauche».

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Pour ce politologue, le sondage BVA pour i-Télé du 15 février – qui révèle que si 35% des Français interrogés souhaitent un retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique, 62% n'en ont pas envie- est une preuve de cette désaffection. Et ce alors que la cote de popularité de l’exécutif est au plus bas.  

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Mais les mauvaises affaires de Nicolas Sarkozy pourraient profiter, selon Emmanuel Saint-Bonnet… à certains responsables de la droite: «Ces polémiques peuvent aiguiser les appétits de certains, tels Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, voire Alain Juppé, alors que Jean-François Copé et François Fillon semblent affaiblis. Le schéma entravé du retour de l’exilé Nicolas Sarkozy pourrait les faire monter». 

Ce mardi soir, les ténors de l'UMP Jean-François Copé (31% d'opinion favorable), François Fillon (48%) et Nicolas Sarkozy (44%) perdent six points de popularité dans le tableau de bord Ifop-Paris Match. Après deux semaines marquées par plusieurs affaires judiciaires, seuls Alain Juppé (62%, +2), Bruno Le Maire et l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin échappent à ce recul.