VIDEO. Nicolas Sarkozy: ses boulets judiciaires et son avenir politique

POLITIQUE La Cour de cassation a jugé ce mardi après-midi irrecevable le pourvoi de Nicolas Sarkozy contre la saisie de ses agendas, ce qui représente une mauvaise nouvelle pour l'ex-Président, entendu dans d'autres affaires...

Anne-Laëtitia Béraud
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Nicolas Sarkozy, le 10 mars 2014 à l'Institut Claude Pompidou à Nice.
Nicolas Sarkozy, le 10 mars 2014 à l'Institut Claude Pompidou à Nice. — B. BEBERT/SIPA

Nicolas Sarkozy a dû s'étrangler à la nouvelle de la décision de la Cour de cassation ce mardi après-midi. La plus haute juridiction française a jugé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur le pourvoi de l'ex-Président contre la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt – pour laquelle il a bénéficié d’un non-lieu en octobre 2013-. La justice garde donc ses agendas et leurs copies sur la période 2007-2011, alors que Nicolas Sarkozy était à l'Elysée. Des documents sensibles car ils pourraient être, éventuellement, utilisés par des magistrats dans plusieurs affaires.

 

Outre l’arbritage controversé en faveur de Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit lyonnais, ces agendas pourraient théoriquement servir aux juges enquêtant sur les accusations de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye.

>> Cinq questions pour comprendre cette affaire des agendas de Sarkozy

La droite accuse le pouvoir d'«acharnement judiciaire» à l'encontre de Sarkozy 

S’ils ne dessinent pas l’avenir politique de Nicolas Sarkozy, ces agendas s'ajoutent à d'autres procédures judiciaires qui le ciblent. Et l'hypothèse de nouveaux procès nuit à l'image de l’ancien chef de l’Etat, qui souhaite se rappeller au bon souvenir des Français par des visites aussi rapides que médiatiques, comme à Nice ce lundi. A terme, ce climat des affaires pourrait également nuire à son éventuel retour en politique en vue de la présidentielle de 2017.

Depuis lundi soir, les amis de l’ancien chef de l’Etat, relayés par l’UMP, accusent le pouvoir socialiste «d’acharnement judiciaire» à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Une manœuvre d’autant plus coupable à leurs yeux que les élections municipales se tiennent dans deux semaines.

Ainsi, pour le député UMP Eric Ciotti, il faut ce mardi «apporter toute la lumière sur cette dérive [des écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat]». Les députés UMP ont exigé de Jean-Marc Ayrault qu’il vienne s’expliquer devant le Parlement sur ces écoutes, ce qu’a refusé le Premier ministre. 

Interrogé sur cette question, le Président François Hollande a promis une réponse au bâtonnier de Paris et au syndicat USM qui l’ont saisi sur l’affaire de ces écoutes. Quant aux députés de gauche, ils renvoient la droite à ses «règlements de comptes» internes. Ce mardi, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir a estimé dans un communiqué que l'UMP «perd ses nerfs» et est «en pleine confusion» dans cette affaires des écoutes de Nicolas Sarkozy.