Enregistrements de Bernard Buisson: Atlantico retire l'extrait concernant Carla Bruni

POLITIQUE Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont demandé le retrait des enregistrements...

avec AFP

— 

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni acceuillant les visiteurs à l'Elysée le samedi 17 septembre pour le coup d'envoie des journées du patrimoine
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni acceuillant les visiteurs à l'Elysée le samedi 17 septembre pour le coup d'envoie des journées du patrimoine — Jacques Brinon/AP/SIPA

Le site d'information Atlantico, qui a publié certains enregistrements réalisés par Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, a retiré dimanche l'extrait concernant l'épouse de l'ancien chef de l'État, Carla Bruni-Sarkozy. Nicolas Sarkozy et son épouse ont assigné Patrick Buisson, ainsi que le site d'information, auquel ils demandent le retrait des enregistrements mis en ligne le 5 mars et réalisés, selon eux, à leur insu.

Trois extraits toujours accessibles

Mais à la veille de l'audience de référé (procédure d'urgence) prévue lundi à 14h au tribunal de grande instance de Paris, l'extrait intitulé «Nicolas, Carla, l'immobilier, leurs finances et leurs amours», dans lequel on pouvait entendre l'ancienne première dame, n'était plus accessible. Si «la publication de ces propos était fondée sur l'intérêt légitime de l'information du public», affirme Atlantico sur son site, «eu égard au fait que Madame Carla Bruni Sarkozy n'est pas une personnalité politique et ne prétend à aucun rôle à ce titre et à sa demande judiciaire, nous avons décidé dans un souci d'apaisement de les retirer purement et simplement tant sous leur forme numérique que sous celle retranscrite».

Néanmoins la chanteuse maintient ses demandes, qui visent, outre Atlantico, Patrick Buisson, a indiqué à l'AFP son avocat Richard Malka, qui s'est refusé à tout autre commentaire. Les trois autres extraits mis en ligne par Atlantico étaient toujours accessibles dimanche. Outre le retrait des enregistrements, sous astreinte de 5.000 euros par jour de retard, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, demandent chacun 30.000 euros de dommages et intérêts à l'ancien conseiller présidentiel, qui seraient reversés intégralement à la fondation de lutte contre le sida de l'ex-première dame.

«Une société orwellienne» 

Ils espèrent obtenir une décision qui ait un effet dissuasif car il n'est pas possible de bloquer préventivement la diffusion de ces bandes sonores, réalisés par Patrick Buisson lorsqu'il était conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, a-t-on expliqué de source judiciaire. Ils demandent en outre chacun un euro de dommages et intérêts à Atlantico. «S'agissant de propos dont nul ne conteste qu'ils ont été tenus à titre privé et, sauf à anéantir l'un des piliers démocratiques que constitue le secret des conversations privées, en instaurant au lieu et place une société orwellienne où personne ne serait plus garanti contre l'enregistrement et la diffusion de ses conversations privées, il apparaîtra nécessaire de condamner sévèrement ce type de procédés», souligne Me Malka dans l'assignation déposée pour Mme Bruni-Sarkozy. Elle y est décrite comme une «victime collatérale».

Le publicitaire Jean-Michel Goudard, qui conseillait aussi l'ancien président, a également déposé un référé contre Patrick Buisson, Atlantico, ainsi que contre Le Canard enchaîné, qui a publié des retranscriptions des enregistrements, selon une source judiciaire. Cette audience est prévue lundi matin.