Sarkozy sur écoute: Vers une nouvelle affaire?

POLITIQUE Selon «Le Monde», une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog est à l'origine d'une enquête judiciaire lancée le 26 février pour trafic d'influence...

D.B. avec AFP

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L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 6 mars 2012 sur le plateau de France 2 à Paris
L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 6 mars 2012 sur le plateau de France 2 à Paris — Lionel Bonaventure AFP

Après l'affaire Buisson, un autre dossier risque de déstabiliser Nicolas Sarkozy. Le Monde révèle ce vendredi qu'une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog est à l'origine d'une enquête judiciaire lancée le 26 février pour trafic d'influence. Ce que l'avocat a démenti dans le quotidien, promettant de démontrer le « moment venu qu'il s'agit d'une affaire politique ». Selon lui, Nicolas Sarkozy est « toujours probablement sur écoute téléphonique ».

Le Monde ajoute que l'ancien chef de l'Etat a été placé sur écoute à la demande des juges enquêtant sur les accusations de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.

La violation du secret de l'instruction en question

Dans une conversation téléphonique, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog évoquent un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Il y est question, selon la source, de le solliciter pour se renseigner sur une procédure en cours devant la Cour de cassation en lien avec l'affaire Bettencourt. Le 11 mars, la Cour doit dire si elle valide la procédure Bettencourt, notamment la saisie des agendas de l'ancien président.

Outre l'affaire Bettencourt, dans laquelle Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu, ses agendas sont susceptibles d'intéresser les enquêteurs travaillant sur des affaires judiciaires compromettantes pour l'ancien pouvoir.

Au vu de cette conversation, qui avait été transmise au parquet national financier, selon la source proche du dossier, celui-ci avait ouvert le 26 février une information judiciaire pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction.Dans ce cadre, les juges Claire Thépaut et Patricia Simon ont mené mardi des perquisitions à Paris, Nice et Bordeaux, dans les bureaux et aux domiciles de Gilbert Azibert et Thierry Herzog.

David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, a estimé qu'il y aurait un «scandale d'Etat» s'il était avéré que Nicolas Sarkozy et son avocat sont au coeur d'une affaire de trafic d'influence, comme le rapporte Le Monde vendredi.

Scandale d'Etat

«Les informations publiées ce jour par le quotidien Le Monde, et selon lesquelles un magistrat est notamment suspecté d'avoir informé secrètement Nicolas Sarkozy des développements judiciaires de l'affaire Bettencourt, sont graves et stupéfiantes», écrit David Assouline dans un communiqué.

«Si la véracité des écoutes pratiquées sur les téléphones de MM. Sarkozy, Herzog, (ses proches et anciens ministres Claude) Guéant et (Brice) Hortefeux venait à être établie, il s'agirait d'un scandale d'Etat, qui acterait l'état de décomposition avancée d'un système clanique, qui a beaucoup abîmé notre démocratie. Mais justement parce qu'il s'agit d'une instruction judiciaire en cours et qui met en cause ni plus ni moins qu'un ancien président de la République, il faut observer une certaine retenue», ajoute-t-il.

Selon le sénateur de Paris, «en une semaine, l'UMP aura tout de même infligé aux Français une série de blessures démocratiques, que ce soit avec l'affaire Copé ou l'affaire Buisson. Plongée depuis deux ans dans des règlements de comptes terribles, la droite nous offre un spectacle affligeant, qui ne servira que les adversaires de la République».