Municipales: 32 candidats FN malgré eux en Seine-Maritime, une liste retirée

MUNICIPALES 2014 Selon certains témoignages, des gens auraient signé les formulaires sans savoir qu’ils allaient figurer sur les listes du parti…

avec AFP

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 1er mars 2014 à Lyon
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 1er mars 2014 à Lyon — Jeff Pachoud AFP

Le FN est soupçonné d'avoir inscrit des personnes à leur insu sur des listes qu'il présente aux municipales en Seine-Maritime: 32 personnes affirment avoir été flouées et la liste du Grand Quevilly a été retirée par la préfecture.

«En vertu de l'article L267 du code électoral, la majorité des candidats de la liste « Grand Quevilly Bleu Marine » ayant demandé leur retrait, j'ai procédé au retrait de cette liste», a déclaré à l'AFP le préfet de région et de la Seine-Maritime Pierre-Henry Maccioni. Vingt-deux candidats sur trente cinq ont demandé leur retrait, a-t-il précisé.

Des candidats malgré eux portent plainte

«Par ailleurs j'ai saisi le procureur de Rouen au titre de l'article 40 du code de procédure pénal au sujet de plaintes d'une dizaine de candidats dans trois autres villes», a ajouté le préfet. Comme il s'agit d'une minorité de candidats, la liste ne peut être retirée par la préfecture. Six candidats malgré eux ont porté plainte à Elbeuf, dans l'agglomération rouennaise également, trois à Harfleur, et un à Lillebonne, deux communes proches du Havre. «Le parquet devra examiner le fondement de ces plaintes», a précisé le préfet.

S'il y a eu manoeuvres, le procureur peut-il demander le retrait de la liste ? «C'est de son ressort», a répondu le préfet, refusant de spéculer sur une décision du pouvoir judiciaire. Plus tôt dans la journée le procureur de la République de Rouen, Jean-François Bonhert, avait indiqué qu'il allait examiner les plaintes des six «candidats» FN d'Elbeuf. Selon certains témoignages recueillis par les médias de la région, les militants du FN ne se présentent pas tout de suite comme appartenant à ce parti. Certaines personnes donnent leur signatures pensant qu'elles vont permettre aux militants de se présenter, ne comprenant pas qu'elles vont elles-mêmes figurer sur la liste.

Des candidatures involontaires aussi rapportées à Orléans

Le FN se défend en affirmant que les formulaires officiels «Cerfa» de déclaration de candidatures que ces personnes ont signé sont explicites. Et il accuse les mairies socialistes d'avoir fait pression pour que ces personnes retirent leur candidature, ajoutant vouloir engager des poursuites judiciaires contre ces mairies. «Dans certaines communes de Seine-Maritime, comme cela a d'ailleurs été le cas aussi dans l'Essonne et dans les Hauts-de-Seine ces derniers jours, des maires sortants et leurs équipes organisent le démarchage systématique des candidats figurant sur les listes du Front national de leur commune dans le but de les faire renoncer à leur candidature», a assuré dans un communiqué Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN et directeur de la campagne des élections municipales pour les communes de plus de 1.000 habitants.

«Compte tenu des témoignages nombreux et concordants (...) le Front national engagera des poursuites pénales contre ces agissements», a-t-il ajouté. M. Bay se présente comme tête de liste à Elbeuf et Marine Le Pen était venue le soutenir il y a une semaine. Des cas similaires de candidatures involontaires ont été rapportés jeudi à Orléans (Loiret). Selon La République du Centre, un couple de nonagénaires, dont l'épouse est atteinte de la maladie d'Alzheimer, a été inscrit à son insu sur la liste du parti d'extrême droite menée par Philippe Lecoq. Dans l'ensemble de la France le FN présente environ 550 listes aux élections municipales des 23 et 30 mars, dans les villes de plus de 1.000 habitants.