VIDEO. Enregistrements de Patrick Buisson: Plusieurs ministres en prennent pour leur grade

POLITIQUE Dans les extraits d'enregistrements d'échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé Patrick Buisson, plusieurs ministres de l'époque sont vivement critiqués...

avec AFP

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Patrick Buisson, à Paris le 15 octobre 2012
Patrick Buisson, à Paris le 15 octobre 2012 —

Des paroles qui vont faire le buzz ce mercredi. Le Canard enchaîné et le site Internet Atlantico ont publié plusieurs extraits d'enregistrements d'échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé Patrick Buisson.

Dans son édition de mercredi, le Canard publie le verbatim de l'enregistrement d'une réunion à l'Elysée, le 27 février 2011, autour de Nicolas Sarkozy à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer. L'hebdomadaire moque le «fayot» Patrick Buisson qui se répand en encouragements et en félicitations auprès du chef de l'Etat. Selon Le Canard, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution dans laquelle il annonce le remaniement, l'ex-président revient: «On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient (dans les jardins élyséens)?»

L'hebdomadaire satirique poursuit: «Buisson spirituel: "Tu parlais des journalistes?" Puis courtisan: "C'était très bien! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher."»

«Remplacer Fillon par Borloo, c'est grotesque»

De son côté, le site Atlantico met en ligne les enregistrements sonores et les verbatims d'au moins quatre enregistrements, dans le contexte d'une réunion de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers le 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles consacrée au remaniement. Brice Hortefeux devait ensuite être remplacé par Claude Guéant à l'Intérieur et Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé au Quai d'Orsay.

«Remplacer (le Premier ministre François) Fillon par (Jean-Louis) Borloo, c'est grotesque», déclare Sarkozy lors de la réunion. «Y'a qu'une seule personne qui pourrait remplacer Fillon aujourd'hui, c'est Juppé. Je m'entends très bien avec Alain... Même si Fillon n'est pas décevant, il est comme on le sait.»



Dans la voiture qui les ramène de Versailles, Buisson et le publicitaire Jean-Michel Goudard, conseiller en communication ne se privent pas de commentaires acerbes. «C'est dur, hein?» lâche notamment Buisson à propos de la présence de Carla Sarkozy à Versailles. «Ah t'es amusant. Si je la connaissais pas un peu mieux depuis la télé j'aurais trouvé ça... lamentable... interventions percutantes quand même hein», lui répond Goudard.

Michel Mercier jugé «totalement calamiteux»

Les deux hommes s'inquiètent ensuite du changement de fonction de Claude Guéant, qui passe du secrétariat de l'Elysée à l'Intérieur. «Tu vois l'avantage de Guéant, là depuis trois mois, c'est qu'il connaissait un petit peu les dossiers, notamment pour les affaires auprès du parquet. Il se mouillait un petit peu», dit Buisson, mis en cause dans l'affaire des marchés des sondages de l'Elysée. «Ben ça l'intéresse quand même directement parce que... l'Elysée c'était lui à cette époque-là», lui rétorque Goudard.

Buisson, ancien journaliste de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, se plaint aussi à propos du remaniement de ne pas avoir «réussi à entraîner la tête» du ministre de la Justice Michel Mercier, qu'il qualifie de «totalement calamiteux».«Il y a plus calamiteux encore», assène Goudard, en nommant la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui, selon lui, «ne dit que des conneries». 

 

 

Dans un communiqué transmis à l'AFP par son avocat, Gilles-William Goldnadel, Patrick Buisson se défend: «En tant qu'intervenant essentiel de ces réunions», il «ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante». Ces derniers «étaient détruits au fur et à mesure, sauf manifestement quelques-uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers», affirme-t-il.