VIDEO. Copé se dit victime d'une «chasse à l’homme» et contre-attaque en réclamant la transparence pour tous

POLITIQUE Accusé par «Le Point» d’avoir favorisé deux proches pendant la campagne présidentielle, le président de l’UMP abat désormais la carte de la transparence. Mais exige aussi de n’être pas le seul à participer...

Enora Ollivier

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Jean-François Copé, le président de l'UMP, fait une «déclaration solennelle» le 3 mars 2014 au siège du parti, à Paris.
Jean-François Copé, le président de l'UMP, fait une «déclaration solennelle» le 3 mars 2014 au siège du parti, à Paris. — JOEL SAGET / AFP

A la manière d’un Président, ses premiers mots ont été: «mes chers compatriotes». C’est dire si l’instant était grave. Un communiqué l’avait d’ailleurs annoncé dimanche, après l’annulation de l’émission de Jean-Jacques Bourdin prévue le lendemain matin: Jean-François Copé allait faire une «déclaration solennelle», au siège de l’UMP.

Un soupçon de mystère que le chef du parti s’est fait un plaisir d’entretenir, entamant son intervention par un long préliminaire sur la thématique de l’homme qu’on cherche à abattre. «Depuis quelques jours, ma personne, mes proches, sont l’objet d’une véritable chasse à l’homme», a lancé Jean-François Copé. Dans sa ligne de mire, le magazine Le Point, qui a publié jeudi une enquête dans laquelle il est accusé d’avoir favorisé l’agence de communication de deux de ses proches. Très virulent à l’égard de Franz-Olivier Giesbert, le patron de l’hebdomadaire, qualifié de «Tartuffe bouffi d’orgueil», l’élu a assuré vouloir «prendre aux mots les donneurs de leçon».

L'intervention de Jean-François Copé, résumée en 3 minutes, est visible ci-dessous

(Vidéo: Thomas Lemoine)

La comptabilité de l’UMP dans une «pièce scellée»

Le visage grave, le chef de l’opposition a indiqué que l’UMP était «prête à mettre à disposition toute sa comptabilité». Mais à certaines conditions. Jean-François Copé, qui est aussi député, compte ainsi déposer deux propositions de loi afin que la «transparence soit totale» et qu’il n’y ait pas «deux poids deux mesures». Le président de l’UMP entend demander que chaque parti «ayant des représentants à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen» publie ses comptes depuis 2007. Il exige aussi une transparence pour les «principaux dirigeants et salariés des médias» qui bénéficient «d’aides ou de fréquences» attribuées par l’Etat. Ces personnes -les journalistes ne sont pas concernés, a précisé par la suite son entourage– devraient alors remplir, comme les parlementaires, une déclaration d’intérêts et de patrimoine.

En attendant, la comptabilité de l’UMP sera placée «dans une pièce scellée», qui ne sera ouverte qu’au moment de l’éventuelle adoption de ces deux propositions de loi. Et le terme «éventuelle» n’est pas vain. Il n’a pas fallu longtemps après la fin de la déclaration de Jean-François Copé pour que la majorité fasse remarquer le retournement soudain du chef de file de l’opposition.

Copé «devra répondre sur ce qui est mis en cause»

Harlem Désir a ainsi noté que le président du parti avait, «avec les autres parlementaires de l'UMP», voté «contre» la loi sur la transparence de la vie publique votée en 2013, après le scandale Cahuzac. «Si maintenant Copé veut se rallier à ces dispositions, je m'en réjouis», a raillé le premier secrétaire du PS. Mais, a-t-il ajouté, il «faudra qu’il réponde» sur «ce qui est mis en cause dans l’article du Point», à savoir «le financement de la campagne électorale et les plafonds qui ont été ou non respectés, la sincérité des comptes et aussi la vente de biens de l'Etat».

Pas sûr non plus que la droite parlementaire, qui a rejeté massivement il y a un an les dispositions de la loi sur la transparence, soit unie derrière les propositions de Jean-François Copé. Ce dernier voyait d’ailleurs à l’époque dans ce texte des mesures «inutiles et dangereuses», qui «donnent une image déformée et injuste des élus» et «créent un statut officiel de délateur de la République».