VIDEO. Les trois casseroles de Jean-François Copé

POLITIQUE Avec les accusations de favoritisme révélées la semaine dernière par «Le Point», ce n’est pas la première fois que le patron de l'UMP, Jean-François Copé, est aux prises avec un scandale...

M.P. et F.V.

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Jean-François Copé, le président de l'UMP, le 23 janvier 2014 à Paris.
Jean-François Copé, le président de l'UMP, le 23 janvier 2014 à Paris. — AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Le chef de l'UMP Jean-François Copé, décrit comme ambitieux et pressé, trace sa route sans, semble-t-il, prendre toutes les précautions d’usage. De l’élection pour la présidence de l’UMP entachée du soupçon de fraude à ses amitiés embarrassantes et son mélange des genres, 20 Minutes fait le point sur les différentes affaires qui gênent le patron de l’UMP.

Les soupçons de fraude lors de l’élection à la présidence de l’UMP

Le 18 novembre 2012, l’élection du nouveau président de l’UMP a tourné à la foire d’empoigne. Les deux rivaux, Jean-François Copé et François Fillon, avaient revendiqué chacun la victoire, sur fond d’accusations mutuelles de fraudes. Copé avait dégainé en premier, assurant avoir «1.000 voix» d'avance sur François Fillon, lequel a affirmé avoir gagné avec 224 voix d’avance.

La guerre des nerfs a pris fin 25 heures plus tard avec la proclamation par la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) de la victoire de Jean-François Copé avec 98 voix d'écart. François Fillon, que les sondages donnaient vainqueur du scrutin, a dénoncé des irrégularités mais pris acte du résultat.

L’embarrassant Ziad Takkiedine

S’il y a un autre scandale que le patron de l’UMP traîne comme un boulet au pied, renforçant son image d’affairiste, c’est bien son amitié avec le sulfureux Ziad Takieddine. Une amitié matérialisée par les photos publiées en 2011 par Mediapart montrant le député-maire de Meaux dans la piscine de l’homme d’affaires mis en examen dans le volet financier de l’affaire Karachi. Mediapart a aussi relayé que la justice s’intéressait à la ristourne de 4 millions d’euros, «deux tiers de sa dette fiscale» que Takieddine a obtenu grâce à l’ex-secrétaire d’Etat au Budget auprès de Bercy. Le JDD a révélé que l’homme d’affaires avait également versé des espèces pour des travaux dans l’appartement parisien de Copé dans le 16ème arrondissement, mais aussi de nombreux voyages, à lui et toute sa famille. Bref, une amitié embarrassante que Copé a toutefois toujours revendiquée.

Soupçon de conflit d’intérêts

En 2007, alors que Nicolas Sarkozy emporte l’Elysée, Jean-François Copé n’obtient aucun maroquin mais arrache la présidence du groupe parlementaire UMP. La même année, alors qu’il est déjà député, maire, patron de groupe, il rentre au célèbre cabinet d’affaire international Gide-Lorette-Nouel, qui s’occupe notamment de dossiers de grandes entreprises ayant maille à partir avec l’Etat. Un poste à mi-temps pour 20.000 euros par mois, rapporte Le Monde. Cela a beaucoup fait parler au sein de l’Assemblée, où il a été accusé de conflit d’intérêts, de défendre des amendements correspondant par exemple aux intérêts de ses clients, voire d’enterrer un projet de loi gênant.

Il faudra un tollé général, notamment qu’il soit mis en cause nommément par Martin Hirsch dans son livre sur le conflit d’intérêts pour qu’il démissionne du cabinet. A contrecoeur, puisqu’il n’a jamais admis la moindre possibilité de soupçon. Il poursuit toutefois son activité d’avocat jusqu’à l’automne 2012, et son accession à la tête de l’UMP. Pour se consacrer à sa famille politique, disait-il.