Remaniement: Jean-Marc Ayrault joue l’assurance

Maud Pierron

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 14 février 2014 à Nancy.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 14 février 2014 à Nancy. — POL EMILE / SIPA/SIPA

Aurait-il reçu des gages de la part de François Hollande? En tout cas, face aux rumeurs d’un futur remaniement, Jean-Marc Ayrault a joué l’assurance dans le Parisien ce dimanche. «Vous me trouvez usé et fatigué, vous?», a-t-il attaqué, avant d’assurer qu’il ne se laisserait «pas dévier de [s]a mission par quelque anecdote que ce soit, ni par quelques commentaires, spéculations ou fantasmes».

Ayrault, fusible jusqu’en 2015?

En revanche, le Premier ministre a avalisé l’idée d’un changement d’équipe gouvernementale, se disant «favorable» à un gouvernement resserré, «même si c’est une décision qui appartient au président de la République». Car différentes sources semblent confirmer que François Hollande est bien décidé à remanier, dans une fenêtre  de tir proche, qui va du lendemain des municipales (30 mars) au lendemain des européennes (25 mai). Pour autant, changement d’équipe gouvernementale ne signifie pas forcément remplacement à Matignon, le feuilleton des remaniements successifs sous Nicolas Sarkozy en atteste.

Dans la majorité, certains estiment en effet qu’il n’est pas temps encore de griller le fusible Ayrault, qu’il serait bon de garder jusqu’aux régionales de 2015, pour finir le mandat avec un nouveau Premier ministre et un «gouvernement de combat». «Jean-Marc Ayrault n’a pas démérité», juge un proche de Hollande, qui assure que la priorité doit être de former une équipe «d’une petite vingtaine de personnes qui colle parfaitement à la nouvelle orientation donnée par le Président. Et faire le ménage à Bercy, où personne n’y comprend rien» avec sept ministres. Difficile de croire pour autant que François Hollande a assuré Jean-Marc Ayrault de sa reconduction: tout dépendra des résultats des municipales et de l’ampleur de la défaite éventuelle. «Seul Hollande sait. Et lui seul ne le sait pas encore», plaisante un socialiste.

Le jeu des pronostics

Du coup, le petit jeu des pronostics et supputations va bon train. Si beaucoup de ministres délégués craignent pour leurs postes, des noms reviennent avec insistance. Comme celui de Ségolène Royal à la Justice ou de Claude Bartolone pour Matignon. Parmi les sortants, ceux de deux poids lourds reviennent, Vincent Peillon à l’Education et Pierre Moscovici à l’Economie. Ce dernier figure d’ailleurs parmi les seize ministres les moins bien notés d’un sondage Ifop pour le JDD. Il ne recueille que 29% de taux de satisfaction, plombé par les mauvais résultats économiques (30% pour Michel Sapin et Bernard Cazeneuve).

Loin des 61% de taux de satisfaction qu’obtient Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Ce qui en ferait un bon candidat pour Matignon? En privé, il a toujours repoussé cette hypothèse, mais ce n’est pas vraiment le genre de proposition qui se refuse. «Je suis contre toute spéculation, notamment les spéculations gouvernementales. Il y a un président de la République qui décidé, et un Premier ministre qui fait son travail. Moi je suis ministre des Affaires étrangères et je suis très bien où je suis», a-t-il répondu ce dimanche sur Europe 1.