Paris: Nouveau coup dur pour NKM, contrainte de changer une tête de liste

avec AFP

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Nathalie Kosciusko-Morizet au gymnase Japy, à Paris, le 10 février 2014.
Nathalie Kosciusko-Morizet au gymnase Japy, à Paris, le 10 février 2014. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Enlisée dans une campagne chaotique, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) a essuyé un nouveau coup dur samedi, contrainte de changer sa tête de liste dans le 2e arrondissement au terme d'un énième psychodrame au sein de la droite parisienne. Hélène Delsol (UMP), interprète de 31 ans et responsable associative à qui NKM avait confié la charge de conduire la campagne dans le 2e, a déposé vendredi à la préfecture une liste qui ne respectait pas l'accord passé en décembre entre l'UMP, l'UDI et le MoDem.

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Au terme de ce contrat devaient figurer sur la liste de cet arrondissement détenu par la gauche Christophe Lekieffre (conseiller d'arrondissement UMP) en deuxième position et en numéro trois Catherine Michaud (UDI, présidente de Gaylib). Sauf qu'au dernier moment Hélène Delsol a préféré à Christophe Lekieffre un autre colistier, Aurélien Véron, suspendu de l'UDI pour avoir mené campagne dans le 2e sous ses couleurs alors qu'il n'était pas investi.

Invitée par NKM à redéposer sa liste, Hélène Delsol a refusé d'obtempérer. La sanction n'a pas tardé à tomber: Nathalie Kosciusko-Morizet lui a retiré la tête de liste, qu'elle a confiée à Christophe Lekieffre. Dans un communiqué, l'équipe NKM fait aussi «interdiction» à Mme Delsol et ses colistiers «d'utiliser l'image, le nom, les témoignages de soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que la charte graphique et le logo NKM Paris».

Hélène Delsol : « Je suis tête de liste j'en suis responsable »

Mais Hélène Delsol tient bon: campant sur ses positions, elle a assuré lors d'une conférence de presse qu'elle maintiendrait sa liste coûte que coûte, malgré le départ de quelques colistiers fâchés avec ses choix de personnes. «A partir du moment où je suis tête de liste j'en suis responsable (...) Trois colistiers demandent à sortir, techniquement il faut être majoritaire pour défaire une liste», a-t-elle assuré. Elle a aussi dit attendre une décision de la commission d'investiture de l'UMP sur les suites de cette affaire.

Cet épisode est une énième illustration des difficultés rencontrées par Nathalie Kosciusko-Morizet pour constituer ses listes d'arrondissement, les divisions du centre venant s'ajouter à celles de sa propre formation. En janvier, l'entrepreneur Charles Beigbeder - exclu depuis de l'UMP - s'était lancé dans la bataille avec ses propres listes, fâché d'avoir été évincé en décembre de la deuxième place sur la liste UMP dans le 8e, au profit du député Pierre Lellouche.

Dans le Ve arrondissement, c'est Dominique Tiberi, fils de l'ancien maire Jean Tiberi, qui a constitué sa propre liste dissidente, au risque de faire basculer à gauche ce qui fut longtemps un fief de la droite. A trois semaines du premier tour, la députée de l'Essonne espérait que les deux importants rendez-vous qui l'attendent cette semaine relanceraient sa campagne.

Lundi, elle réunit à la Bellevilloise (XXe) l'ensemble des colistiers des vingt listes UMP-centre. Mais qui seront finalement ceux du IIe arrondissement ? Au-delà de la photo, il s'agit de «passer des consignes», de «concentrer notre message», explique le conseiller politique de NKM, Jérôme Peyrat.