L'UMP derrière Copé pour le moment, les hostilités pourraient reprendre après les élections

POLITIQUE Les ténors du parti soutiennent pour le moment Jean-François Copé...

avec AFP

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Jean-François Copé, le président de l'UMP, le 23 janvier 2014 à Paris.
Jean-François Copé, le président de l'UMP, le 23 janvier 2014 à Paris. — AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Avant les municipales et les européennes, l'UMP quasi unanime fait corps derrière son président Jean-François Copé, accusé par Le Point de favoritisme au détriment de son parti, mais la hache de guerre, jamais totalement enterrée entre copéistes et fillonistes, pourrait de nouveau être brandie après les élections.

«Je pense que ça va péter», affirme un député UMP, qui demande «une commission impartiale pour examiner les comptes de l'UMP». «Si Copé refuse, certains élus vont demander à un juge de nommer un expert», croit savoir le même.

Officiellement, ils sont pourtant tous derrière Copé. Fillonistes, copéistes, non alignés lui ont apporté un soutien plus ou moins ferme depuis la parution, jeudi, d'un article incendiaire du Point sur «l'affaire Copé» et les surfacturations supposées des meetings de campagne de Nicolas Sarkozy par Bygmalion, une entreprise fondée par deux de ses amis.

Soutiens des ténors du parti

Pour François Fillon, visiblement désireux de ne pas envenimer le climat, cette affaire n'est «pas un sujet». Alain Juppé a déclaré «faire confiance» au président de l'UMP pour «faire valoir sa bonne foi», Benoist Apparu, Eric Woerth ou Laurent Wauquiez, en général guère tendres pour Jean-François Copé, ont eux aussi manifesté leur soutien, tout comme Jean-Pierre Raffarin, Roger Karoutchi, Henri Guaino, Sébastien Huyghe, Valérie Debord...

Même Lionel Tardy, si sévère avec le président de l'UMP jeudi matin -- «tout le monde savait», avait-il twitté - avait beaucoup adouci son propos dans la soirée. «Je ne suis pas là pour juger s'il y a eu surfacturation ou pas», a-t-il déclaré sur BFMTV.

«On fait tous bloc car il y a les élections», reconnaît un ancien ministre, «On ne peut pas prendre aujourd'hui le risque de nous diviser alors qu'on a la possibilité de reprendre du terrain».

«C'est une tempête dans un verre d'eau. Si Le Point a des preuves de ce qu'il écrit, que ne les donne-t-il pas!», affirme un sénateur, qui n'arrive «pas à comprendre la haine personnelle de Franz-Olivier Giesbert (le directeur du Point) pour Copé».

«Si vous voulez la guerre, vous aurez la guerre»

 

Mais «tout ça, ce sont des larmes de crocodiles», a lâché vendredi un autre cacique du parti. Nombre de responsables UMP, interrogés par l'AFP, ont d'ailleurs tenu, en off, le même discours peu amène envers Jean-François Copé.

«Il faut penser aux élections, rien qu'aux élections. Il ne se passera rien d'ici là. Pas question de rallumer la guerre maintenant», dit l'un. Pour celui-là, qui affirme être bien informé pour en avoir parlé avec beaucoup au parti, pas de doute: «C'est le clan Fillon qui est derrière tout ça».

Selon cet ancien ministre, Jean-François Copé et son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux se sont partagé la tâche. «Copé a téléphoné à Fillon pour lui dire j'ai besoin de ton soutien . Lavrilleux a téléphoné chez Fillon pour prévenir si vous voulez la guerre, vous aurez la guerre ».

«La gauche va perdre les municipales», pense le même. «Ceux qui ont fait ça veulent empêcher Copé de bénéficier de la victoire de l'UMP. Mais on ne s'amuse pas à ça à trois semaines des municipales», tempête-t-il, «c'est un mauvais coup pour l'image de Copé mais aussi de l'UMP».

«Chacun semble y aller de ses calculs»

Pour un autre ténor, qui semble s'en réjouir, «ça va surtout plomber Copé. En novembre 2015, pour l'élection du président du parti, il y aura beaucoup de monde au portillon. François Baroin, qui se voit Premier ministre de Sarkozy, est sur les rangs. D'autres pensent à Juppé, ce qui au passage permettra de le neutraliser pour 2017».

A l'UMP, chacun semble y aller de ses calculs, qui pour 2015, qui pour 2017. Ou pour les deux. Mais le principal intéressé, pugnace, est passé à la contre-offensive. Après avoir adressé jeudi une lettre aux militants et sympathisants UMP pour dénoncer une «oeuvre de démolition», Jean-François Copé leur en a envoyé une autre, vendredi, dans laquelle il démonte, point par point, les accusations du Point.

L'hebdomadaire devrait être visé par plusieurs plaintes en diffamation, celle de Jean-François Copé mais aussi celle de Bygmalion, annoncée ce vendredi.