Copé et les soupçons de surfacturation: «Tout le monde savait», selon un député UMP

POLITIQUE L’entourage du président de l’UMP a annoncé le dépôt d’une plainte...

E.O.

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Le député UMP Lionel Tardy
Le député UMP Lionel Tardy — WITT/SIPA

A l’UMP, après la parution de l’enquête du Point qui affirme que le parti a commandé des prestations surfacturées à deux proches du Jean-François Copé, il y a ceux qui serrent les rangs, soutiennent le président. Et il y a Lionel Tardy, député «filloniste», qui a lâché sur Twitter ce jeudi matin que «tout le monde savait pour Jean-François Copé».

«C’est la raison pour laquelle je n’ai pas participé au Sarkothon», cette souscription destinée à payer la campagne de Nicolas Sarkozy quand ses comptes de campagne ont été rejetés, a poursuivi l’élu de Haute-Savoie.

«Savoir si l'argent de nos adhérents est bien utilisé»

«Tout le monde savait», a insisté l'élu auprès de l'AFP, «à partir du moment où la campagne présidentielle était confiée à une structure dans la galaxie Copé», en l'occurrence Bygmalion, une société de conseil en communication fondée par deux anciens collaborateurs du président de l'UMP. «Il faut qu'on ait la transparence qu'on n'a pas aujourd'hui, avec de vraies réponses sur tous les frais de l'UMP: qui, à quel prix, avec une mise en concurrence», selon le député. «Il s'agit de savoir si l'argent de nos adhérents est bien utilisé».

Pour lui, «le schéma de la présidentielle est toujours en cours à l'UMP entre Copé, Lavrilleux et Bygmalion». «Ce qui me gêne, c'est qu'il ait fallu demander une participation financière aux militants» qui ont comblé le trou de 11 millions d'euros creusé par le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Et Lionel Tardy,  d'évoquer  les «coûts stratosphériques de meetings de campagne présidentielle» qui ont empêché l'UMP d'avoir une marge de manoeuvre. «S'ils avaient pris un peu plus de précautions, on n'aurait jamais dépassé les plafonds des comptes de campagne».

Tardy «n’est pas un des plus fervents supporters de Copé»

La réaction du camp Copé ne s’est pas faite attendre. «Nous allons porter plainte contre Lionel Tardy», a déclaré sur RMC Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet du député-maire de Meaux. Son éventuelle exclusion du parti sera elle décidée «par le bureau politique».

«Les accusations qu’il porte sont extrêmement graves», a ajouté Jérôme Lavrilleux, faisant remarquer que «Monsieur Tardy n’est pas un des plus fervents supporters de Jean-François Copé». Lors de la bataille pour la présidence de l’UMP à l’hiver 2012, Lionel Tardy s’en était pris à plusieurs reprises à Copé. «La faute globale dans cette crise est plus du côté de Jean-François Copé que du côté de François Fillon, et tôt ou tard, cela se manifestera, ça se retrouvera», estimait-il ainsi dans une interview à 20 Minutes en janvier 2013.