Jacques Chirac, un homme à la santé fragile depuis 2005

POLITIQUE Troubles de la mémoire, difficultés à se déplacer: L'ex-chef de l'Etat a une santé chancelante depuis plusieurs années...

E.O.

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Jacques Chirac, lors de la remise des prix de sa Fondation au musée du Quai Branly à Paris,  le 21 novembre 2013
Jacques Chirac, lors de la remise des prix de sa Fondation au musée du Quai Branly à Paris,  le 21 novembre 2013 — VILLARD/SIPA

Brièvement hospitalisé lundi, pour une «violente crise de goutte» selon son entourage, Jacques Chirac, 81 ans, connait des ennuis de santé depuis son accident vasculaire cérébral, il y a presque 9 ans.

En septembre 2005, Jacques Chirac, qui est alors président de la République, passe une semaine à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce après un «petit accident vasculaire ayant entraîné un léger trouble de la vision», selon l’établissement. A sa sortie, souriant, il se déclare «en très bonne forme». En réalité, l’épreuve l’a affaibli.

Trouble neurologique

La rumeur court les années suivantes: Jacques Chirac serait atteint de la maladie d’Alzheimer. «Je me porte très bien», assure-t-il pourtant devant les caméras en janvier 2011.

Faux, répond aussi son épouse Bernadette, qui concède toutefois que l’ex-Président souffre de «moments de troubles», notamment de «marche» et «d’audition».

Il faudra attendre septembre 2011 et son procès pour détournement de fonds publics pour qu’un nom soit posé sur le mal dont il souffre : l’anosognosie. Derrière ce mot, se cache un trouble neurologique, «un déni, une méconnaissance ou la sous-estimation d’un ou plusieurs autres symptômes».  En résumé, l’anosognosie, c’est «oublier petit à petit qu’on oublie».  Ce rapport médical, établi par le professeur Lyon-Caen, chef du service de neurologie à la Pitié-Salpêtrière, autorise l’ex-chef de l’Etat à être absent durant le procès qui le condamnera à deux ans de prison avec sursis .

Il est «par moment» «gêné par sa mémoire»,

Depuis la fin de son mandat présidentiel, ses apparitions publiques se raréfient. On le voit en février 2011 prenant appui sur Christian Jacob pour déambuler dans les allées du Salon de l’agriculture. Quatre mois plus tard, une caméra le surprend annoncer qu’il votera pour le socialiste François Hollande – une déclaration que son entourage s’empresse de nuancer. En juillet 2013, Jacques Chirac renonce à ses traditionnelles vacances à Saint-Tropez en raison d’une trop grande fatigue mais y apparaît finalement en octobre.

Deux mois plus tard, l’ex-chef de l’Etat est hospitalisé et subit une «intervention rénale». «Il va très bien», rassure son gendre Frédéric Salat-Baroux, évoquant une «opération nécessaire mais absolument sans gravité».

La dernière apparition publique de l’ancien Président remonte à novembre 2013, quand il remet les prix de sa Fondation au Musée du Quai Branly.  S’appuyant sur les épaules de son épouse et de François Hollande, le vieil homme de 81 ans fait quelques pas mais ne prononce pas un mot

Bernadette Chirac fait d’ailleurs le pronostic, en janvier 2014, que son mari ne prendra plus jamais la parole en public. Il est «par moment» «gêné par sa mémoire», confie-t-elle.  «D'où la nécessité de lire et de recevoir des visites - il en reçoit beaucoup».