Visite de Hollande aux Etats-Unis: Pierre Gattaz joue le trouble fête

POLITIQUE En refusant toute contreparties au pacte de responsabilité...

M.P. avec AFP

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Pierre Gattaz, le président du Medef, le 11 février à son arrivée à la Maison Blanche.
Pierre Gattaz, le président du Medef, le 11 février à son arrivée à la Maison Blanche. — N. KAMM / AFP

C'est peut-être le seul couac de la visite d'Etat de François Hollande aux Etats-Unis. Celui de la politique intérieure française qui s'invite dans le faste du déplacement aux Etats-Unis. En refusant de voir conditionner les allègements de charges à des «contraintes», le président du Medef Pierre Gattaz a troublé l'ambiance mardi.

«Il faut arrêter de gérer par la contrainte. Aujourd'hui quand on parle de contreparties, j'entends aussi des gens qui disent on va vous obliger, vous contraindre, vous mettre des pénalités, si vous ne le faites pas, on va vous punir », a-t-il regretté. «Il faut arrêter ce discours insupportable. On est toujours dans l'incitation négative en France (...) Il faut coincer le gars et le punir», a-t-il insisté. «Des engagements, les entreprises doivent également en prendre au niveau approprié pour créer de l'emploi», a répondu François Hollande lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Le pacte de responsabilité, c'est «être capable de mobiliser l'ensemble du pays pour un objectif», a-t-il insisté.

Gattaz recadré par le gouvernement

Des déclarations qui ont jeté un froid et Pierre Gattaz a par la suite annulé sa conférence de presse prévue en marge de la visite, officiellement «pour des raisons diplomatiques et de préséance». François Hollande a réagi très diplomatiquement lors d'une conférence de presse commune avec Barack Obama, dans l'idée de ne pas perturber le message de sa visite d'Etat: «Des engagements, les entreprises doivent également en prendre au niveau approprié pour créer de l'emploi", a réagi François Hollande lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Le pacte de responsabilité, c'est "être capable de mobiliser l'ensemble du pays pour un objectif», a-t-il insisté.

Mais à Paris, la sortie de Pierre Gattaz a provoqué des remarques acides des membres du gouvernement. Le «dialogue social» ne peut pas «reposer sur des oukases», a réagi à  le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ajoutant que «le décalage horaire parfois peut causer des problèmes.» Le ministre du Travail Michel Sapin a lui appelé Pierre Gattaz à la «responsabilité», «y compris à l'étranger».

Ce mercredi matin, Najat Vallaud Belkacem en a remis une couche, jugeant sur RTL que «M. Gattaz doit comprendre qu'on ne va pas reconstruire l'économie par des mouvements d'humeur», a déclaré Najat Vallaud-Belkacem mercredi sur RTL. «Donc, je pense que M. Gattaz a dû simplement souffrir d'un problème de décalage horaire», a-t-elle taclé.

Du côté de l'opposition, le chef de file de l'UMP à l'Assemblée, Christian Jacob s'est dit «content du moment de lucidité du Medef (...): il faut baisser les charges et ne pas inventer de nouvelles contraintes pour les entreprises».