La Cour des comptes met en doute les objectifs budgétaires du gouvernement

RAPPORT Le déficit budgétaire aura du mal à tomber sous les 4% selon Didier Migaud...

avec AFP

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Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, le 12 février 2013 à Paris.
Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, le 12 février 2013 à Paris. — BERTRAND GUAY

Le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud a jugé mardi que le gouvernement faisait certes des efforts «considérables» de discipline budgétaire, mais qu'il péchait encore par excès d'optimisme. Didier Migaud a ainsi jugé dans un discours qu'il existait «un risque significatif» que le déficit public 2013 de la France excède l'objectif gouvernemental de 4,1% du produit intérieur brut.

Pour l'année en cours, «l'atteinte de l'objectif de déficit public» du gouvernement, soit 3,6% du PIB, «n'est pas assurée à ce stade», a-t-il dit, ajoutant que l'effort de réduction de la dépense publique devait être «poursuivi et amplifié sur les trois prochaines années».

Didier Migaud s'est par ailleurs félicité de la volonté du gouvernement de ne faire reposer la réduction du déficit cette année que sur une baisse des dépenses, plutôt qu'une hausse des prélèvements, ce qui est «une orientation préconisée de longue date par la Cour».

Attention aux dépenses sociales

Mais au-delà de ce satisfecit, Didier Migaud a épinglé un «excès d'optimisme» du gouvernement pour ce qui concerne les hypothèses de recettes fiscales l'an dernier, assénant qu'il s'agissait d'un travers «récurrent» en France et qu'il «serait heureux que ces pratiques cessent». «La tenue des objectifs de dépenses de l'Etat apparaît possible, mais nécessitera d'importantes annulations de crédits pour y parvenir», a-t-il averti.

Didier Migaud a appelé par ailleurs à «mieux partager» l'effort de rigueur, en se tournant vers les acteurs publics qui y ont jusqu'ici «le moins contribué», à savoir, selon lui, les collectivités territoriales et le secteur de la protection sociale. Il a qualifié la «dette sociale croissante» en France de «profonde anomalie». Pour lui, les efforts doivent être poursuivis pour tenir l'objectif officiel d'un «retour à l'équilibre structurel des comptes publics en 2016».