PMA: La société n’était pas prête, justifient des socialistes

POLITIQUE Pourtant, 57% des Français se disent favorables à la PMA pour les couples de femmes homosexuelles, selon un sondage...

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François Rebsamen à Dijon (Côte-d'Or) le 19 septembre 2012.
François Rebsamen à Dijon (Côte-d'Or) le 19 septembre 2012. — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Chacun son tour… Après avoir entendu depuis deux jours les socialistes se plaindre dans un premier temps de l’exclusion de la PMA de la loi Famille, puis du report de ce projet de loi, c’est au tour de ceux qui défendent la position du gouvernement de s’exprimer.

«Notre société n’est pas prête pour la PMA», a attaqué François Rebsamen ce mercredi matin sur France info. Et le patron des sénateurs PS de saluer «la sage décision» de reporter la loi Famille, «celle d'apaiser la société, toutes ces personnes qui fantasmaient sur un texte pas encore complètement rédigé». «Autour de la procréation médicalement assistée (PMA), il y avait un fantasme qui se développait», a-t-il insisté, soulignant qu’à son sens, «l’urgence, c’est de redonner la confiance économique» et «pas de se perdre sur un sujet difficile pour lequel je crois moi profondément que la société n'est pas complètement prête». Pourtant, dans un sondage Harris Interactive pour La Chaîne parlementaire publié ce mercredi, 57% des Français se disent favorables à la PMA pour les couples de femmes homosexuelles. En revanche, 59% des personnes interrogées sont opposées à la gestation pour autrui (GPA).

Et le sénateur-maire de Dijon d’ajouter: «Je pense qu'on ne peut pas imposer à notre société des modifications profondes sans, en amont, un travail de conviction, de préparation et finalement une forme d'adhésion», a-t-il insisté, ajoutant que «d’ailleurs la plupart des gens ne savent pas ce que c’est [la PMA]».

«Le temps de la PMA n’était pas venu»

Dominique Bertinotti, la ministre de la Famille, a également expliqué sur RMC et BFM TV ce mercredi que «le temps de la PMA n’était pas venu». «La politique, c'est aussi savoir tenir compte de l'instant et du moment. Cela ne se fera pas dans l'immédiat, mais dans deux ans, dans trois ans, dans cinq ans... Je ne sais pas», a-t-elle expliqué, estimant qu'il «faudra aborder cette question» d'une ouverture plus large de la PMA, notamment aux femmes homosexuelles.

Et même si, à titre personnel, elle est favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes, la ministre «ne veut pas rouvrir le débat». Pour elle, il est «dans les mains du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui peut y mettre beaucoup de sérénité, de mesure, de pondération et répondre à cette question: “Doit-on ouvrir ou ne doit-on pas ouvrir la PMA aux couples de même sexe?”.»

Alain Vidalies, ministre chargé des relations avec le Parlement, a également défendu l’exclusion de la PMA. Mais «personne ne peut dire que ce débat est fini pour l'éternité», a-t-il ajouté. «Cette question, elle sera de toute façon dans le débat public après l'avis» du Comité national d'éthique, a-t-il conclu.