Loi Famille: La Manif pour tous en veut plus

POLITIQUE Et va passer à l'offensive...

avec AFP

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Des participants à «La Manif pour tous», le 2 février 2014, place de L'Ecole militaire (7e)
Des participants à «La Manif pour tous», le 2 février 2014, place de L'Ecole militaire (7e) — VINCENT WARTNER/20MINUTES

Au lendemain du report sine die de la loi sur la famille, La Manif pour tous estime que «le compte n'y est pas» et a demandé mardi la suspension de l'ABCD de l'égalite, une expérimentation contre les stéréotypes filles-garçons à l'école.

La décision du gouvernement de ne pas présenter cette année son texte sur la famille, combattu dans les rues dimanche par au moins 100.000 sympathisants de La Manif pour tous, est «une première victoire pour les enfants et pour les familles», a dit la présidente du collectif Ludovine de la Rochère lors d'une conférence de presse mardi matin à Paris.

Mais «si le gouvernement espère calmer l'inquiétude profonde qui habite les familles et la société en se contentant de repousser l'examen d'un projet de loi, il commet une erreur», écrit-elle dans un communiqué. «Car, soyons clair: le compte n'y est pas en ce qui concerne les menaces qui planent sur la filiation père-mère-enfant que nous défendons», ajoute-t-elle.

Abandon de l'ABCD de l'égalité

Le collectif demande également une «suspension immédiate» de l'ABCD de l'égalité, cette expérimentation mise en place dans des établissements scolaires par le gouvernement pour lutter contre les stéréotypes filles-garçons, et qu est dans le viseur des organisateurs de boycott des écoles contre un supposé enseignement de la «théorie du genre».

La Manif pour tous réclame aussi un «engagement à renforcer l'interdiction de la gestation pour autrui (GPA) en renonçant définitivement à toute évolution du dispositif réglementaire». Elle veut également que le gouvernement revienne sur la modification du congé parental adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, qu'il arrête «l'asphyxie fiscale des familles» et qu'il s'engage «à respecter le droit de l'enfant à avoir un père et une mère».

Remous dans la majorité

Lundi, Matignon a annoncé que ce projet sur la famille déjà repoussé à plusieurs reprises et pourtant vidé de volets potentiellement explosifs comme la procréation médicale assistée (PMA) et la GPA ne verrait pas le jour avant 2015 au plus tôt, voire à la fin du quinquennat, au grand dam des associations familiales.

Cet abandon surprise provoque des remous dans la majorité. Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris, s'est dite «extrêmement déçue» et les députés socialistes en colère ont annoncé leur intention de faire passer des mesures du texte par le Parlement.