PMA et GPA: L’UMP condamne «la perpétuelle ambiguïté» du PS

POLITIQUE Avec l'énumération de différentes déclarations de responsables socialistes...

M.P. avec AFP

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Jean-Marc Ayrault et Bruno Le Roux le 24 septembre 2013 à Bordeaux.
Jean-Marc Ayrault et Bruno Le Roux le 24 septembre 2013 à Bordeaux. — N. TUCAT / AFP

L'UMP a attaqué lundi la gauche sur sa «perpétuelle ambiguïté» sur les questions de procréation, en énonçant avec force détails des déclarations contradictoires dans l'exécutif et au PS. Dans un communiqué, le député Sébastien Huyghe égrène les différentes prises de position sur la Procréation médicalement assistée (PMA) et la Gestation pour autrui (GPA), après le «non» lundi de Manuel Valls à tout amendement futur pour autoriser ces procédés.

L'élu du Nord se livre à un simili «fact-checking» des différentes déclarations de responsables PS. Il rappelle par exemple une tribune du 13 décembre 2010 signée de «Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filippetti et Alain Vidalies, avec d'autres figures du PS comme François Rebsamen ou André Vallini», réclamant «une légalisation de la GPA».

Valls a été pro-GPA

Il cite le candidat François Hollande assurant à Grazia le 24 février 2012 puis à Têtu en avril qu'une femme doit pouvoir recourir à la PMA «parce qu'elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme». «Manuel Valls s'est dit pour la GPA dans Têtu du 20 avril 2011», relève-t-il.

En décembre 2012, le groupe socialiste à l'Assemblée avait voté par 126 voix contre 61 «pour que l'amendement sur la PMA soit introduit dans le projet de loi sur le mariage pour tous». Sébastien Huyghe enchaîne avec la ministre Marisol Touraine pour une PMA «accessible à tous» (14 octobre 2012, dans Metronews, dit-il).

Il cible Jean-Marc Ayrault expliquant le 9 janvier 2013 «que la PMA figurerait dans le projet de loi famille», suivi le 28 janvier par Najat Vallaud-Belkacem lançant sur BFMTV: «Je suis pour, le PS est pour, le gouvernement s'est exprimé en faveur».

«Fantasme» = «projet»?

«Après cela, la gauche explique que les inquiétudes sur l'ouverture de la PMA aux couples de même sexe et de la légalisation de la GPA sont des "fantasmes". Dans la novlangue socialiste il faut croire que le mot "fantasme" doit être compris comme "projet"», tacle Sébastien Huygues.

Au lendemain de la manifestation de la Manif pour tous, Manuel Valls a assuré ce lundi matin sur RTL que le gouvernement s’opposerait à «tout amendement parlementaire sur la GPA et la PMA». Ce qui a déclenché une riposte de Bruno Le Roux, patron des députés PS, qui lui a demandé d’attendre que le Conseil national d’éthique rende son avis. Mais Le Roux s’est fait coincer de son côté, et de manière inattendue, par le PS, dont le porte-parole David Assouline, a assuré qu’il n’attendait pas de «débat» sur le sujet. Entre-temps, il est vrai que Matignon avait confirmé que le gouvernement rejetterait tout amendement en faveur de la PMA et de la GPA, signe de la volonté de l’exécutif de clarifier la position du gouvernement, probablement dans l’idée de mettre fin à ce débat, ouvert depuis 2012 et qui mobilise dans la rue des dizaines de milliers de Français. D’autant plus que la position de la majorité n’a jamais été, quoiqu’elle en dise, des plus claires sur le sujet, comme l’a rappelé l’UMP, et comme le déplorent les partisans de la PMA.