Aide aux transports pour les sans-papiers: La gauche dénonce «l’extrême-droitisation» de Pécresse

ILE-DE-FRANCE La chef de file de l’UMP à la Région a plaidé pour la suppression de la réduction accordée dans les transports aux sans-papiers...

avec AFP

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Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, le 5 novembre 2013.
Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, le 5 novembre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La gauche francilienne, du président PS de la région Jean-Paul Huchon aux groupes EELV et PRG-MUP, a très vivement dénoncé ce jeudi l'«extrême droitisation» de Valérie Pécresse (UMP), qui a contesté les réductions dans les transports accordées aux étrangers bénéficiant de l'Aide médicale de l'Etat (AME).

Dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France, Mme Pécresse, chef de file de l'opposition au conseil régional d'Ile-de-France, s'est prononcée «pour la suppression de cette aide» aux transports, qui, selon elle, coûterait «autour de 80-100 millions d'euros» par an.

Huchon «stupéfait»

L'AME, mise en place en 2000, est destinée aux étrangers en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois. En Ile-de-France, 167.000 personnes en bénéficiaient au premier trimestre 2013 et les réductions dans les transports concerneraient 125.000 personnes, a affirmé Valérie Pécresse. Mais ces chiffres sont qualifiés de «faux» par la région.

Selon le conseil régional, en «2013, il y avait moins de 110.000 personnes titulaires de l'AME qui bénéficiaient d'une réduction allant jusqu'à 75%». Le coût pour la région des réductions pour les étrangers concernés «est de 10 millions d'euros», a-t-on ajouté.

Jean-Paul Huchon s'est dit «stupéfait». «Que reste-t-il de républicain dans de tels propos? (...) La course à l'extrême droitisation de l'UMP régionale et à la démolition stérile systématique ne fait pas un projet», a-t-il déploré, alors que Valérie Pécresse est déjà candidate pour les régionales de 2015.

«Le groupe UMP a voté la reconduction de la tarification» en 2012

L'exécutif régional a rappelé que la tarification sociale dépend de la loi SRU et qu'en «2004, le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France) alors dirigé par l'Etat et le gouvernement Raffarin (UMP), a décidé d'étendre l'aide aux bénéficiaires de la CMU-C et de l'AME».

De plus, «en 2012, le groupe UMP, dirigé par Mme Pécresse, a voté la reconduction de la tarification sociale en Ile-de-France», a souligné la région, y voyant donc «un manque de cohérence».

Le groupe EELV a de son côté fustigé une «entrée en campagne nauséabonde de Valérie Pécresse», qui «surfe sur une atmosphère délétère et choisit d'attiser les tensions de la société en choisissant des boucs émissaires: les étrangers».

Pour un «"comité de vigilance" des forces de gauche contre Pécresse»

Valérie Pécresse «tente d'oublier que ces travailleurs en situation irrégulière trouvent aujourd'hui une large place dans le travail au noir entretenu par certaines entreprises franciliennes profitant largement du système», a relevé Pierre Serne, vice-président EELV aux transports, qui parle d'une «lepénisation» de l'élue UMP.

«Le fait que cette "filloniste" faisant figure de modérée au sein de son parti adopte un discours aussi droitier est plus inquiétant», a souligné le président du groupe socialiste, Guillaume Balas.

Quant à la présidente du groupe PRG-MUP, Muriel Guenoux, elle a appelé «à la constitution d'un "comité de vigilance" des forces de gauche contre Valérie Pécresse et ses déclarations mensongères».