VIDEO. L’«enquiquinante» déclaration de patrimoine que les élus doivent rendre samedi

POLITIQUE Les députés ont deux jours pour restituer à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique leur déclaration de patrimoine et d’intérêts. La tâche n’est pas si aisée pour tous...

Enora Ollivier

— 

L'entrée de l'Hémicycle de l'Assemblée nationale.
L'entrée de l'Hémicycle de l'Assemblée nationale. — SIMON ISABELLE/SIPA

Qu’ils soient favorables à l’initiative ou qu’ils se plient à la loi à reculons, ils sont nombreux à en convenir: remplir sa déclaration de patrimoine et d’intérêts est «compliqué», pour ne pas dire «enquiquinant», selon le propre mot de plusieurs élus. Pourtant, les députés, tout comme les sénateurs ou les conseillers ministériels, ont jusqu’à samedi prochain dernier carat pour envoyer ces déclarations à la Haute autorité pour la transparence de la vie publiqueune mesure née de l’affaire Cahuzac

Notre vidéo à l'Assemblée nationale:

Vidéo: Jonathan Duron

«Je suis à la bourre! Mais je vais le faire ce soir ou demain [ce jeudi]», assure Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne. Lequel rappelle que la déclaration de patrimoine ressemble à celles que les élus devaient déjà fournir en début et en fin de mandat. «La seule nouveauté est la déclaration d’intérêts et d’activité. Mais ça ne me pose aucun problème de principe», ajoute-t-il.

Une «œuvre de transparence»

Patrick Ollier, lui, n’a eu «aucun souci» à remplir le document qu’il a même déjà envoyé. «Ca prend du temps mais ce n’est pas grave, si ça peut aider à la transparence et apaiser les citoyens», explique le député UMP des Hauts-de-Seine. Il rejoint là l’avis du socialiste Régis Juanico, qui «trouve cet exercice salutaire» et loue cette «œuvre de transparence».

Gérald Darmanin, lui, ne s’est pas encore penché sur sa déclaration. «Mes études ne sont pas si loin… et comme tout bon étudiant, je suis bon à la veille des examens», plaisante le jeune député du Nord, à qui la quinzaine de pages manuscrites à remplir en deux jours ne fait pas peur. «Mon capital est assez réduit: un petit étang familial et la permanence que j’ai achetée sur mes deniers» détaille-t-il, se présentant comme «fils de femme de ménage» ayant «travaillé comme serveur pour financer ses études».

«Ca suffit l’inquisition»

De son côté, l’UMP Philippe Gosselin - qui a «besoin d’un tout petit peu de temps pour être dans les clous» - a trouvé dans la déclaration des questions «un peu spécieuses, un peu tendancieuses» sur «le conjoint, ses activités, ses revenus». «Il y a un vrai procès d’intention», poursuit l’élu de la Manche qui juge qu’on «entretient le côté un peu malsain de certains de nos concitoyens qui vont aller regarder par le petit trou de la serrure ce qui se passe dans la chambre à coucher».

Car la loi sur la transparence de la vie publique prévoit non pas la publication des patrimoines, mais la possibilité pour les citoyens de les consulter en préfecture. Ce qui fait fulminer l’UMP Jacques Myard. «Dans la rubrique "observations", j’ai écrit noir sur blanc "ça suffit l’inquisition"», raconte le député UMP des Yvelines qui «n’accepte pas que dans la loi, il y ait la possibilité pour un petit malin d’aller regarder et de diffuser» ce qu’il a vu.