Valérie Trierweiler, une ex-première dame qui n'a jamais pris ses marques à l'Elysée

POLITIQUE L’ex-compagne de François Hollande n'a jamais trouvé la bonne distance à l'Elysée...

Maud Pierron
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Valerie Trierweiler sort du qg de Francois Hollande, entourée d'une nuée de journalistes le 8 mai 2012.
Valerie Trierweiler sort du qg de Francois Hollande, entourée d'une nuée de journalistes le 8 mai 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Femme de caractère, à l’indépendance revendiquée, Valérie Trierweiler avait laissé voir dès la campagne présidentielle de François Hollande, où elle était très présente, qu’elle serait une première dame atypique. «J'ai du caractère, on ne peut pas me brider», avait-elle prévenu, ajoutant même, quasi-prophétique: «François me fait totalement confiance. Sauf sur mes tweets! Certains aimeraient que je réagisse moins sur ce réseau social, mais tout le monde respecte ma liberté».

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Une première dame qui travaille et ne compte pas lâcher le journalisme, des chroniques culture à Paris-Match après plusieurs années au service politique, abandonné pour cause de compagnon candidat à la présidentielle. Une première dame qui ne comprend d’ailleurs même pas que sa décision de continuer à exercer sa profession, quand bien même dans un journal, puisse interroger, alors qu’elle a trois enfants à charge d’un précédent mariage. Une première dame surtout, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui, bien qu’assurant maîtriser les «codes» de la politique eu égard à son expérience de journaliste dans ce domaine, se sera ainsi piégée elle-même.

Le tweet dévastateur

«Embrasse-moi sur la bouche». Dès le 6 mai au soir, elle arrache un baiser à François Hollande, sur la scène de la Bastille, juste après que ce dernier a fait la bise à Ségolène Royal, l’ex-compagne de François Hollande avec qui elle entretient une inimitié notoire, qui avait déjà transpiré durant la campagne.

A peine arrivée à l’Elysée, la journaliste, âgée de 48 ans, revendique sa liberté de ton. Elle trouve le terme de première dame «désuet», veut «un petit peu changer les choses» donc aussi «renouveler ce terme», proposant «l’atout cœur de France» ou «Première journaliste». Mais à peine un mois après l’élection de François Hollande, le 12 juin, Valérie Trierweiler provoque une énorme tempête politique avec un tweet  de soutien à Olivier Falorni, un socialiste dissident engagé dans un duel fratricide avec Ségolène Royal, pour le mandat de député de La Rochelle.

Une initiative qui provoque la stupeur  de la classe politique et de l’Elysée et un crise familiale. Les enfants du couple Hollande-Royal reprochent à la compagne de leur père de vouloir se venger de leur mère. Ségolène Royal perd largement à La Rochelle. A posteriori, des proches du couple Hollande-Trierweiler évoquent cet épisode comme celui ayant provoqué le premier gros trou d’air dans la relation entre les deux ex. De fait, Hollande a toujours veillé à séparer la vie publique et la vie privée, frontière vantée lors de sa campagne présidentielle, mais qui a explosé avec les 137 signes signés de sa compagne. Il faudra quatre mois à Valérie Trierweiler pour reconnaitre une «erreur» qu’elle «regrette» et promettre que «cela ne se reproduira pas». Mais les dégâts sont là: sa popularité, déjà peu élevée, chute et ne s’en remettra jamais, à tel point que certains, un peu facilement parfois, l’accusent d’être un boulet pour le chef de l’Etat dans l’opinion.

Pression politique et médiatique

Pendant cette période, Valérie Trierweiler se fera plus discrète, le temps d’apprivoiser son nouveau rôle, son «second rôle», comme elle le dit désormais. Et c’est en s’impliquant dans l’humanitaire qu’elle commence à trouver sa place, expliquant prendre pour modèle Danielle Mitterrand. Sa priorité: la lutte contre la maltraitance des enfants, en France comme à l’étranger. Lorsqu’elle accompagne François Hollande en voyage, la «première dame» a toujours un volet humanitaire. Mais en novembre dernier, sa liberté de ton fait de nouveau transpirer quelques conseillers élyséen lorsqu’elle clame «je ne me tairai plus», précisant ensuite ne parler que des «scandales humanitaires».

Parallèlement, cette mère de trois enfants a toujours tenté de protéger sa vie privée, attaquant les magazines people qui ont publié des photos d'elle en maillot de bain avec François Hollande ou les auteurs de sa biographie, La Frondeuse. Jusqu’au 10 janvier où, même si ce n’est pas elle qui apparaissait sur la couverture de Closer, sa vie intime s’est retrouvée exposée au regard de tous. Ainsi que la fin douloureuse de son histoire avec son compagnon, sous la pression politique et médiatique.