IVG: Jean-François Copé à contre-courant des députés UMP

POLITIQUE Le président de l'UMP estime qu'on ne doit «pas toucher à la loi Veil» sur l'avortement, contrairement au chef du groupe UMP à l’Assemblée nationale Christian Jacob, qui indique que cette «position est quasi unanime au groupe»...

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Le président de l'UMP, Jean-François Copé, présente ses vœux, le 8 janvier au siège du parti, à Paris.
Le président de l'UMP, Jean-François Copé, présente ses vœux, le 8 janvier au siège du parti, à Paris. — no credit

Désaccord rare entre le président de l’UMP Jean-François Copé et le patron des UMP à l’Assemblée nationale Christian Jacob, à propos de l’avortement.

Mardi, le chef des députés UMP -et copéiste - Christian Jacob a annoncé qu’avec l’UDI, ils voteront majoritairement en faveur de la suppression de la notion de «détresse» pour recourir à l'IVG, avant l'examen probable de cette disposition controversée de la loi égalité femmes-hommes dans la soirée.

Un vote majoritaire, puisque seuls seize députés du groupe UMP voteront contre la loi, dont Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et membre de l'Entente parlementaire pour la Famille, Nicolas Dhuicq, Philippe Gosselin, Marc Le Fur ou Isabelle Le Callennec. «C'est une initiative totalement isolée», a minimisé Christian Jacob.

Copé et Fillon sur la même longueur d’onde

Mais de son côté, Jean-François Copé affirme qu'on ne doit «pas toucher à la loi Veil» dans une interview à Valeurs actuelles à paraître jeudi. Le député-maire de Meaux estime: «On ne doit pas toucher à la loi Veil. Elle rappelle le respect de la vie de tout être humain et présente l'avortement comme une exception». «Pourquoi changer aujourd'hui la loi sur l'avortement ? Pour faire de l'idéologie (...) Pour banaliser l'avortement», affirme-t-il également.

Aux yeux du président de l’UMP, c'est «l'exemple type d'une mesure idéologique, qui n'aide pas à organiser la société, mais qui ne sert qu'à provoquer d'immenses fractures. Comme toujours, le gouvernement cherche à cliver les Français, c'est la technique du leurre. La gauche a toujours fonctionné comme cela».

Cette opposition entre le président de l’UMP et son protégé est rare. En effet, Christian Jacob, soutenu par Jean-François Copé dans son accession à la présidence du groupe UMP à l’Assemblée nationale, est considéré comme l’un des premiers lieutenants et relais du président de l’UMP.

Dans cette opposition à la révision de la loi Veil, Jean-François Copé rejoint son vieil ennemi François Fillon. L’ancien Premier ministre a écrit lundi sur son blog que le gouvernement commet «une faute morale et politique» en voulant «réécrire» la loi sur l'interruption de grossesse.