L'UMP prête pour les européennes, scrutin à haut risque pour le parti

POLITIQUE Le parti majoritaire d’opposition se trouve face au FN et à un centre réunifié...

avec AFP

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L'ancien ministre Brice Hortefeux estime samedi dans Le Figaro qu'avec le programme de François Hollande "ce ne sont pas les +riches+ qui vont être touchés mais les +classes moyennes+ qui seront pressurées".
L'ancien ministre Brice Hortefeux estime samedi dans Le Figaro qu'avec le programme de François Hollande "ce ne sont pas les +riches+ qui vont être touchés mais les +classes moyennes+ qui seront pressurées". — Patrick Kovarik afp.com

L'UMP s'apprêtait à désigner officiellement mardi ses têtes de listes pour les européennes, un scrutin à haut risque pour le principal parti d'opposition, coincé entre un FN promis à de beaux résultats et un centre réunifié.

Contrairement à 2009, où l'UMP, alliée avec les centristes, avait décroché 24 sièges au Parlement européen, le parti de la droite républicaine part seul au combat cette année, l'UDI et le MoDem (onze eurodéputés en tout) ayant joint leurs forces dans une Alternative, bien décidés à améliorer leur position à Strasbourg.

Quant au Front national, un sondage Ifop pour Le Nouvel observateur (datant du 9 octobre dernier) le plaçait en tête des intentions de vote pour le scrutin de fin mai, à 24%, devant l'UMP (22%), le PS (19%) et l'UDI-MoDem (L'Alernative n'a été créée qu'au mois de novembre suivant) à 11%.

Sondages favorables au FN

Dans ces conditions, la bataille des européennes s'annoncent délicates pour le parti de Jean-François Copé, qui devait finaliser en fin de journée ses têtes de listes, voire les deuxièmes et troisièmes candidats, pour sept des huit circonscriptions françaises (le cas de l'outre-mer sera réglé plus tard).

La plupart des têtes de listes ont déjà été choisies et devraient être ratifiées par la commission des investitures. Après quelques remous de ceux qui dénonçaient un «mercato de recyclage» pour anciens ministres sans mandat ou battus des dernières législatives, la candidature de Nadine Morano, soutenue par Nicolas Sarkozy, a finalement été retenue dans l'Est.

Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, honni par les fillonistes depuis le psychodrame de l'élection du président du parti, fin 2012, sera finalement tête de liste dans le Nord, les partisans de l'ancien Premier ministre ayant de leur côté préservé la première place de la circonscription de l'ouest au député sortant de leur camp, Alain Cadec.

Sévère déconvenue en 1999

Brice Hortefeux, autre proche de M. Sarkozy, sera réinvesti tête de liste pour la région centre. Enfin, la liste du sud-est devrait voir investi le tandem Françoise Grossetête/Renaud Muselier (qui fait là son grand retour en politique). La commission d'investiture doit encore décider de leur ordre.

En revanche, l'arrivée de Michèle Alliot-Marie comme chef de file dans le Sud-ouest fait grincer les dents, d'autant que l'eurodéputé sortant de cette circonscription, Alain Lamassoure, se retrouve du coup propulsé tête de liste... en Ile-de-France.

«Lamassoure préside la commission du Budget du Parlement européen, c'est l'un des meilleurs spécialistes, il est bon et c'est normal qu'il soit tête de liste», plaide Marc-Philippe Daubresse. Le secrétaire général adjoint de l'UMP aurait toutefois préféré qu'il reste dans le Sud-Ouest, Rachida Dati, eurodéputée sortante d'Ile-de-France, ayant toute légitimité selon lui pour devenir numéro un.

C'est aussi l'avis d'Henri Guaino qui ne décolère pas: «Je ne vois pas pourquoi Alain Lamassoure viendrait en Ile-de-France. Il faudrait qu'on en discute!»

Question des têtes de listes

Une fois réglée la question des têtes de listes, restera pour l'UMP à définir sa ligne politique pour les européennes, le parti étant actuellement occupé avec les municipales de mars.

Cette partie-là risque d'être encore bien plus délicate à jouer, entre les fédéralistes (comme Jean-Pierre Raffarin et Luc Chatel, favorables à un «fédéralisme budgétaire» autour d'un noyau dur franco-allemand), et les eurosceptiques (qui préfèrent, à l'instar de Jacques Myard, être qualifiés d'«euroréalistes»).

«Jean-François Copé dit toujours: +j'aime tellement l'Europe que j'en voudrais une autre+. Si l'UMP décline son programme européen autour de cela, ce sera très bien mais il ne faut pas que ce ne soit qu'un slogan», prévient Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire, l'un des courants de l'UMP.

En mai dernier, huit autre députés de ce courant avaient implicitement menacé de constituer une liste dissidente si l'UMP reprenait à son compte la proposition de «fédération franco-allemande» de MM. Raffarin et Chatel.

Cette menace ne semble plus d'actualité. Peut être ont-ils en tête la sévère déconvenue en 1999 de la liste RPR (principal ancêtre de l'UMP) Sarkozy/Madelin, battue par les dissidents eurosceptiques Pasqua/Villiers, assurant ainsi une large victoire de leurs adversaires socialistes.