Soutien de l'UMP à Pau: Copé dit avoir été «mis devant le fait accompli»

POLITIQUE Etrange, pour le président du parti...

M.P.

— 

Jean-François Copé, le 8 janvier 2014 au siège de l'UMP à Paris.
Jean-François Copé, le 8 janvier 2014 au siège de l'UMP à Paris. — WITT/SIPA

Pas facile de se sortir de la nasse et parfois, il faut choisir entre deux mauvaises solutions. Le soutien de l'UMP à François Bayrou pour les municipales à Pau, alors que le centriste avait apporté un soutien appuyé à François Hollande lors de la dernière présidentielle, passe très mal au sein du parti. Jean-François Copé a donc été sommé de s'expliquer devant le groupe parlementaire de l'UMP ce mardi à l'Assemblée et, loin d'assumer cette décision, il a admis avoir été lui même «mis devant le fait accompli».  Un aveu de faiblesse peu commun de la part de Jean-François Copé.

«Copé nous a expliqué qu'il aurait préféré qu'on ait un candidat face à Bayrou mais qu'il a été mis devant le fait accompli» par l'accord voulu par le candidat local de l'UMP Eric Saubatte, selon un député interrogé par l'AFP. «Ce soutien à Bayrou passe mal. De nombreux députés ont toujours en travers de la gorge le vote de Bayrou pour Hollande» à la présidentielle, a ajouté ce député.

L'appui de Juppé

Le président du groupe Christian Jacob a indiqué qu'à titre personnel il ne soutenait pas François Bayrou. «Je ne suis pas rancunier, mais je ne suis pas amnésique non plus», a-t-il déclaré lors d'un point presse. Pour Bruno Le Maire, l'UMP est dans «la confusion totale» sur François Bayrou. «Je préfère la défaite dans la clarté que la victoire dans la confusion», a-t-il répété aux journalistes dans la salle des Quatre Colonnes. «D’un point de vue moral», c’est «absolument inacceptable», a- tonné Henri Guaino ce matin. «En politique, il doit y avoir aussi de la morale. Il [Copé] le fait de son propre chef après, je pense, des tractations avec M. Fillon ou M. Juppé, ça ne va pas!», s'est-il énervé, taclant les «arrangements» de son parti. 

C'est surtout Alain Juppé qui a milité pour que l'UMP soutienne François Bayrou. Il avait par ailleurs expliqué que même si son parti ne soutenait pas le centriste, il le ferait à titre personnel.