Guéant entendu dans l'enquête sur la nomination de Pérol à la BPCE

B.D. avec AFP

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La garde à vue de Claude Guéant, qui a été entendu toute la journée sur les primes en liquide versées au ministère de l'Intérieur, a été levée mardi soir, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de son avocat
La garde à vue de Claude Guéant, qui a été entendu toute la journée sur les primes en liquide versées au ministère de l'Intérieur, a été levée mardi soir, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de son avocat — Thomas Samson AFP

L'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a été entendu ce lundi à Paris dans l'enquête sur la nomination controversée en 2009 de François Pérol à la tête du groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne (BPCE), a appris l'AFP de source proche du dossier. Contacté par l'AFP, l'ancien ministre a confirmé son audition comme témoin par le juge Roger Le Loire au pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, mais s'est refusé à tout autre commentaire.

Lancée en 2010, l'enquête porte sur les conditions dans lesquelles François Pérol avait été nommé à la tête de BPCE en février 2009, après avoir passé deux années à l'Elysée comme secrétaire général adjoint, chargé des dossiers économiques. Claude Guéant était alors secrétaire général de la présidence de la République. La nomination de François Pérol avait été la cible de vives critiques, de la gauche et de syndicats de la banque, qui dénonçaient un conflit d'intérêts, car il avait pris part à l'Elysée aux négociations sur la fusion entre la Caisse d'Epargne et la Banque populaire. La loi interdit à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu'il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé.

Première plainte en 2009

Une deuxième polémique était née car la Commission de déontologie de la fonction publique n'avait pas été saisie, contrairement à ce qu'avait affirmé le président de l'époque, Nicolas Sarkozy. Son président, Olivier Fouquet, avait donné un avis favorable à l'Elysée mais il s'agissait d'une «opinion personnelle», avait-il précisé. François Pérol s'était défendu en affirmant qu'il n'avait eu qu'un rôle de conseil auprès de Nicolas Sarkozy, qui n'entrait pas dans le champ des interdictions prévues par la loi. En novembre 2012, il a été reconduit à la tête de BPCE jusqu'en 2016 par le conseil de surveillance du groupe.

L'association anticorruption Anticor avait déposé une première plainte en mars 2009, suivie par les syndicats CGT et Sud des Caisses d'Epargne. Après avoir entendu François Pérol, le parquet avait classé une première enquête sans suite, puis il s'était opposé à l'ouverture d'une information judiciaire, finalement ordonnée par la Cour de cassation en juin 2012. Plusieurs auditions ont déjà eu lieu dans ce dossier, de même que des perquisitions. L'une d'elles avait début 2013 visé le domicile de François Pérol. Récemment, les enquêteurs se sont rendus chez un avocat, François Sureau, dont le nom était cité dans un courrier anonyme adressé au juge.

François Pérol était arrivé à l'Elysée après être passé dans les cabinets de Francis Mer puis Nicolas Sarkozy à Bercy (2002-2005), puis à la banque Rotschild (2005-2007).