Johnny, comme un chanteur abandonné

avec AFP
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Le chanteur Johnny Hallyday va s'installer d'ici fin décembre à Gstaad, en Suisse, où il passera six mois et un jour par an, ce qui lui permettra de bénéficier du forfait fiscal suisse, annonce le magazine L'Express sur son site internet.
Le chanteur Johnny Hallyday va s'installer d'ici fin décembre à Gstaad, en Suisse, où il passera six mois et un jour par an, ce qui lui permettra de bénéficier du forfait fiscal suisse, annonce le magazine L'Express sur son site internet. — Fred Dufour AFP/Archives

Ce Johnny, c'est un monument! En trois jours, sa décision de s’exiler en Suisse pour des raisons fiscales, a fait réagir la quasi-totalité de la classe politique française. Dernier en date, le chef de l'Etat lui-même. «J'apprécie énormement sur le plan humain comme sur le plan artistique Johnny Hallyday et son immense talent», a dit Jacques Chirac. «Il n'en reste pas moins que je regrette un peu - si j'apprécie l'artiste - le comportement du citoyen», a-t-il toutefois ajouté.

Le citoyen-chanteur, soutien du candidat – ministre Nicolas Sarkozy, fait donc la quasi-unanimité contre lui. Seul le ministre de l'Intérieur et des proches ont tenté de le défendre. Vendredi lors d’un déplacement à Lyon pour le deuxième forum de l’UMP, Sarkozy n'a pas souhaité faire de commentaire «sur une situation personnelle. Je veux seulement dire une chose: un pays où tant de nos artistes, de nos créateurs, de nos chercheurs, où tant de gens se disent qu'il faut partir, c'est bien qu'il y a un problème», a dit Nicolas Sarkozy.

«J'aime beaucoup Johnny, a poursuivi le ministre, j'ai beaucoup de respect pour son talent et tout le bonheur qu'il donne aux gens depuis longtemps. Mais je voudrais qu'on considère qu'on peut vivre en France même quand on y réussit».

Interrogé sur l'opportunité de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l'ancien ministre du Budget et des Finances, actuel candidat déclaré à l'investiture UMP pour l'élection présidentielle a assuré: "ce n'est pas ce que je veux. Quand on gagne de l'argent, c'est normal de payer des impôts. Mais je veux une France jeune innovante. Il faut réconcilier la France avec la réussite». «Regardez tous nos jeunes talents qui sortent des écoles de commerce où les meilleurs élèves sont en train de partir à l'étranger pour faire une carrière, a dit de son côté Laurnce Parisot, la présidente Medef, le principal syndicat patronal. Est-ce qu'il ne faut pas se poser des questions à partir de là ?».