Régions, départements… Quelle France veut dessiner Hollande?

M.P.

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Illustration du Conseil général de la Haute-Garonne, à Toulouse.
Illustration du Conseil général de la Haute-Garonne, à Toulouse. — E. CABANIS / AFP

Dans les multiples annonces de sa conférence de presse, François Hollande a évoqué un chamboulement pour les collectivités territoriales, régions et départements, qui étaient invités à se rapprocher. Pas une nouveauté puisque dès 2009, le comité pour la réforme des collectivités locales, piloté par Edouard Balladur, avait préconisé de passer à 15 régions. Et dans un rapport voté en octobre dernier, les sénateurs Jean-Pierre Raffarin (UMP) et Yves Krattinger (PS) conseillaient de réduire le nombre à 8 ou 10. 20 Minutes fait le point sur les annonces du chef de l'Etat.

Pourquoi toucher aux collectivités locales?
Dans un souci de «simplification» et de réduction de la dépense publique, il fallait revoir «notre organisation territoriale», a expliqué François Hollande mardi lors de sa conférence de presse. Il faut en finir avec «les enchevêtrements, les doublons et les confusions» et obtenir «une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales». Le dossier est confié au député PS Thierry Mandon et au chef d’entreprise Guillaume Poitrinal, qui codirigent le conseil de simplification, annoncé également lors de sa conférence par le chef de l’Etat.

Combien de régions vont survivre?
Le chef de l’Etat ne s’est pas avancé. Il a simplement dit qu’il était prêt à faire «évoluer le nombre de régions», qu’«il n’y a pas de raison que ce nombre soit le même dans quelques années». Pour l’instant, il y a 22 régions en métropoles et quatre en outre-mer. Mais Thierry Mandon s’est avancé ce mercredi, parlant d’une quinzaine de régions, à terme. «C'est sept de moins, cela fait quand même 30% de régions en moins», a-t-il souligné, en se fondant sur le nombre des régions. Ensuite, «là où il y a une métropole forte et là où il y a un département, on fait converger les deux», a-t-il ajouté, parlant d’une «digestion des départements par les métropoles».

Quid des départements?
Ceux qui sont «situés dans de grandes aires métropolitaines devront redéfinir leur avenir», comme cela s'est fait dans le Rhône, où Lyon a repris les compétences du conseil général sur le périmètre de la communauté urbaine, a précisé François Hollande. De manière générale, les collectivités territoriales «seront incitées et invitées à se rapprocher», a-t-il dit, prenant en exemple la création de 13 métropoles. «Pour les accompagner, il y aura des incitations puissantes qui seront introduites et les dotations de l'Etat varieront selon les regroupements qui seront faits», a affirmé le Président.

De nouveaux pouvoirs pour les régions
François Hollande a également annoncé une deuxième loi de décentralisation, qui donnera «plus de responsabilités aux régions». Elles se verront «confier un pouvoir réglementaire local d'adaptation», comme l’avait déjà annoncé Ayrault. Il s'agit de «donner encore plus de libertés aux élus pour travailler», selon lui.