Conférence présidentielle: «Hollande dit qu'il faut faire exactement l'inverse de ce qu'il a fait jusqu'à maintenant»

Anne-Laëtitia Béraud

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Le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, le 11 mai 2010 à l'Assemblée nationale.
Le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, le 11 mai 2010 à l'Assemblée nationale. — FACELLY/SIPA

Pacte de responsabilité, relance de la croissance, jeunesse, vie privée ou encore affaire Dieudonné. François Hollande a brassé les sujets lors de sa conférence de presse, débutée à 16h ce mardi. Une grand-messe qui n’a pas manqué de faire réagir les politiques et resposables syndicalistes.

Du côté des ministres, le ministre délégué chargé de la Ville François Lamy a précisé peu après le début de la conférence de presse être «retenu au Sénat pour le débat sur la réforme de la politique de la ville, et notre action pour les quartiers populaires»… Quant à Cécile Duflot (Logement), elle explique être «en séance à l’Assemblée nationale (pour la) deuxième lecture de la loi Alur».

Au sein de la majorité, la sénatrice de Picardie et porte-parole du PS Laurence Rossignol estime dans un tweet se réjouit que «le PR [président de la République] ne subordonne pas l'urgence d'agir aux échéances électorales à venir. Hauteur de vue pour la France qui devrait inspirer l'UMP.»

Quant au député PS du Cher Yann Galut, l’élu juge dans un message sur Twitter «Discours offensif et clair de François Hollande lors de cette conférence de presse de nombreux chantiers en perspective...du travail pour l'assemblée nationale».

Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, coprésidents du Parti de gauche (PG), ont appelé les «élus PS et Verts» à «rompre les rangs et construire avec nous l'opposition de gauche aujourd'hui indispensable». Pour Martine Billard, François Hollande est le «meilleur VRP du Medef et de la Commission européenne». «C'est à un vrai coup de force auquel François Hollande s'est livré contre l'Etat social et contre la République.»

«Annonces vaines»

A l’UMP, Jean-François Copé s'est interrogé sur la «crédibilité» de François Hollande, lui «qui n'a cessé de faire l'inverse de ce qu'il dit ce soir depuis qu'il est président de la République». «Après 20 mois au pouvoir, il a augmenté les charges sur le travail et sur l'investissement comme jamais dans notre histoire», ajoute le président de l'UMP, en ironisant: «Le pacte de responsabilité était un nouveau slogan creux. Il lui fallait donc en inventer un nouveau (...) Voici la nouvelle formule du jour: le tournant social-démocrate.»

Le député UMP du Nord Gérald Darmanin estime dans un communiqué que «François Hollande n’a rien annoncé de précis, si ce n’est une cohorte de commissions (…) Il pense qu’annoncer tous azimuts des pistes de réformes, que la gauche avait combattu avec acharnement dans l’opposition (regroupement des collectivités locales, baisse des impôts, baisse des dotations aux collectivités, économies drastiques à la sécurité sociale…), fera oublier l’incroyable échec de la baisse des chiffres du chômage, sur laquelle il s’était engagé la main sur le cœur».

Député et vice-président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca écrit dans un tweet : «Finalement FH dit qu'il faut faire exactement l'inverse de ce qu'il a fait jusqu'à maintenant...Reste à le faire effectivement!»

Au Front national, Marine Le Pen juge, dans un communiqué, que «François Hollande a cherché à reprendre la main en noyant les Français dans un flot d’annonces». Estimant ces annonces «vaines», présidente frontiste estime que «le président s’illusionne avec sa politique de l’offre et son pacte de responsabilité» et ne propose qu’une voie «de soumission totale aux dogmes européistes».

Quant au souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, juge dans un tweet à propos de la France et l’Union européenne : «La normalisation de la France est en route. Un Länder européen soumis à la pire pensée unique de régression sociale».

Jean-Claude Mailly, numéro un de Force ouvrière, a réagi dans un communiqué en estimant que le patronat a obtenu des baisses de charges dans le pacte de responsabilité, mais que «les contreparties sont plus qu'aléatoires». «Le président de la République a confirmé le caractère libéral de la politique économique mise en oeuvre». Il «a confirmé ce qui s'apparente à un marché de dupes, le pacte prenant des allures d'unité nationale et de confusion des responsabilités avec risque d'instrumentalisation et de politisation».

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