Vie privée de Hollande: Attaques de l'UMP à l'Assemblée nationale

Anne-Laëtitia Béraud

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Christian Jacob, le patron des députés UMP, en course pour sa réélection, le 19 juin 2012 à Paris.
Christian Jacob, le patron des députés UMP, en course pour sa réélection, le 19 juin 2012 à Paris. — K. TRIBOUILLARD / AFP

La personne de François Hollande a été attaquée par l’opposition, ce mardi après-midi à l’Assemblée nationale.  Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a vivement interpellé le Premier ministre sur la vie privée du président de la République, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

«Ne comptez pas sur nous pour juger du comportement privé du président de la République, c’est à lui seul de s’expliquer face aux Français et de donner des explications (…) notamment sur le rôle officiel de sa compagne [Valérie Trierweiler]», a débuté Christian Jacob, qui intervenait en premier.

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Estimant que le président de la République n’est pas un personnage «normal» pendant son mandat, le député de Seine-et-Marne a interrogé le Premier ministre sous les huées: «Comment est-il possible que le président soit suivi pendant plusieurs semaines dans ce qui s’appare à une filature et que personne dans le service des hautes personnalités ne s’aperçoive de rien ? C’est une défaillance». «Deuxième question: Est-il possible que le président de la République décide, lui-même, son niveau de sécurité et de protection ?». «Le président de la République doit prendre conscience du niveau de responsabilité qu'il exerce, prendre conscience que sa fonction sublime sa personne, prendre conscience qu'il incarne l'image de la France aux yeux du monde», a-t-il lancé, alors que les bancs de la majorité étaient agités.

«Pouvez-vous trouver une fois où le chef de l'Etat a opéré une quelconque confusion entre sa vie privée et ses fonctions de président?»

La réponse du Premier ministre n'a pas tardé. Jean-Marc Ayrault a lancé, acide: «Il faut cesser de confondre vie privée et exercice de la fonction publique (...). Vous prétendez défendre la fonction du chef de l'Etat et vous ne faîtes rien d'autre que d'essayer de l'abîmer». «Pouvez-vous trouver une fois où le président de la République a opéré une quelconque confusion entre sa vie privée, ce droit à la vie privée, et ses fonctions de la république française? (...) Cela ne s'est jamais produit» a-t-il interrogé. 

Invitant Christian Jacob à regarder l'intervention de François Hollande, cet après-midi, le Premier ministre a jugé que le chef de l'Etat n'avait, «comme seule préoccupation, l'avenir de la France, le retour de la croissance, la bataille pour l'emploi, la bataille pour l'avenir de son modèle social et républicain». «S'il s'agit seulement de poursuivre la polémique et d'essayer d'instrumentaliser tel ou tel aspect véhiculé par la presse people, alors ce n'est pas digne d'une grande démocratie».

Le président du groupe UMP avait fait monter la pression, annonçant le matin lors d’une conférence de presse «intervenir à 15h au nom du groupe», sans préciser le contenu de sa question. Argument ressassé par l’UMP, la «crédibilité» du chef de l’Etat: «A chaque intervention de François Hollande, on assiste à une perte de crédibilité de la parole présidentielle», a expliqué le député de Seine-et-Marne.

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