VIDEO. Après l'affaire Hollande-Gayet, la notion de première dame sur le gril

POLITIQUE Comme une réponse aux péripéties intimes du chef de l’Etat, le «statut» de première dame est remis en question...

Maud Pierron

— 

Valérie Trierweiler, le 14 septembre 2013.
Valérie Trierweiler, le 14 septembre 2013. — Lionel Bonaventure/AP/SIPA

Est-ce l’un des éléments de langage préparé par l’Elysée pour se sortir des commentaires sur la vie privée de François Hollande? L’un des contre-feux imaginés pour déplacer le débat? En tout cas, deux personnalités du PS ont mis ce mardi en cause la notion de première dame, expliquant qu’après les révélations de Closer et l’explosion de la règle de la vie privée du chef de l’Etat,  il faut supprimer cette coutume.

Proche de François Hollande et président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen a commencé par critiquer sur RTL cette notion «surannée» de Première dame, qui doit «être bannie». D’après lui, «il y a une réflexion que doit avoir le président de la République sur le rôle et la place de la personne avec laquelle il vit, ce qu'on appelle la première dame de France». Et d’insister: «Je pense qu'il n'y a pas de première dame en France. (…) D'ailleurs lui-même, à un moment, l'avait dit. On élit une personne et puis après tout, cette personne, elle vit seule, elle est célibataire, elle peut vivre avec un autre homme, une femme. Ca n'intéresse pas, ça ne doit pas interférer». Pour lui, la conclusion est claire: «Ça veut dire qu'il ne doit pas y avoir de première dame, c'est fini» et cela «serait une avancée de la démocratie».

Pas  un statut, mais une pratique, un rôle

Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, a développé à peu près le même raisonnement sur iTélé. «Le statut de la première dame est un archaïsme de la République». Car si les «questions de cœur» de François Hollande appartiennent un peu à la sphère publique, c’est «pour une raison qui est simple, qui est que celle qu’aime le Président est la première dame de France». Du coup, si cette notion est supprimée, le problème que rencontre par exemple actuellement François Hollande est supprimé. CQFD. «Le jour où les présidents de la République, hommes ou femmes, demain, veulent vraiment une vie privée, il faut qu’il n’y ait plus de première dame ou de premier homme de France», insiste-t-il, car ce qui interdit à un locataire de l’Elysée de garder privée sa vie intime, c’est «100% ça». D’où le fait qu’il attende de la conférence de presse que François Hollande, au moins, «aborde la question de l’ambiguïté institutionnelle».

Si l’on parle parfois de statut de première dame, en France, ce rôle n’est décrit et défini par aucun texte. Chacune des épouses ou compagnes des chefs de l’Etat se sont moulées, à leur façon, dans le rôle, souvent en incarnant une cause humanitaire ou politique. Un rôle qui relève donc de la pratique et une pratique que François Hollande, d’ailleurs, a beaucoup remise en cause lorsqu’il était candidat. Lors d’un entretien avec des lecteurs de Sud Ouest, en avril 2012, à une question sur la place de Valérie Trierweiler, celui qui passe pour être très pudique expliquait: «Je me présente seul devant les Français. Seul. Ce n'est pas un couple qui se présente, mais une personnalité devant convaincre sur ses idées, sa démarche. Après, on se met au service… » 

Trierweiler mal à l’aise dans le rôle

La question s’est posée avec acuité lors de la prise de fonction de François Hollande, puisque Valérie Trierweiler a souhaité continuer à être journaliste à Paris Match. Elle-même semblait mal à l’aise par rapport à ce rôle très protocolaire et expliquait avoir «besoin d’y réfléchir».  Et la question de son non-statut est revenue en pleine figure du couple présidentiel lors du tweetgate, une crise politique et privée provoquée par Valérie Trierweiler. En réactions, beaucoup dans la sphère politique avaient déjà demandé au chef de l’Etat la définition d’un statut pour la première dame. «Il n'y a pas de statut. Valérie veut garder son activité professionnelle. Je comprends. A partir de là, elle sera présente à mes côtés lorsque le protocole l'exigera», avait rétorqué François Hollande lors de l’entretien du 14 juillet.

A une question écrite de l’UMP sur un éventuel statut de conjoint de chef de l’Etat, Alain Vidalies, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, avait répondu en juillet dernier: «La définition d'un "statut de première dame de France" n'apparaît en revanche ni véritablement utile, ni juridiquement concevable. L'élaboration d'un texte qui aurait pour objet de définir des droits et obligations d'une personne privée à raison de son lien, relevant lui-même de la vie privée, avec le président de la République, se heurterait à des obstacles constitutionnels».