Najat Vallaud-Belkacem: «Que Dieudonné décide de changer de spectacle est une forme d’aveu»

POLITIQUE La porte-parole du gouvernement a estimé dimanche que la décision d'interdire les spectacles de l'humoriste Dieudonné aura permis «de donner un coup d'arrêt à une dérive», «à une série de dérapages», en particulier antisémites...

A.L avec AFP

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Najat Vallaud-Belkacem, le 13 novembre 2013.
Najat Vallaud-Belkacem, le 13 novembre 2013. — PDN/SIPA

Dieudonné a annoncé samedi qu'il renonçait à son spectacle «Le Mur», interdit par la justice pour ses sorties antisémites, au profit d'un autre one-man-show de nature selon lui à calmer le jeu.

«Le simple fait qu'il décide de changer de spectacle et d'enlever un certain nombre de propos antisémites est une forme d'aveu», a déclaré Najat Vallaud-Belkacem lors du « 12-13»  de France 3, en soulignant qu'il faudra «être vigilant»  sur le contenu de son nouveau spectacle.

«Un coup d'arrêt à une dérive»

«L'épisode de ces derniers jours aura permis de mettre un coup d'arrêt à une dérive, antisémite en particulier, à une série de dérapages langagiers beaucoup plus graves que ce que certains veulent bien dire», a poursuivi Najat Vallaud-Belkacem. «Mettre un coup d'arrêt» aux propos de Dieudonné, «c'est déjà enrayer la machinerie infernale de l'antisémitisme», a-t-elle affirmé.

«Une victoire pour la République»

S'agit-il d'une victoire de Manuel Valls ? «Oui, je le crois. Manuel Valls a fait preuve de beaucoup de volontarisme en la matière. C'est une victoire pour la République», a-t-elle poursuivi, en soulignant le soutien apporté par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, au ministre de l'Intérieur. Najat Vallaud-Belkacem a par ailleurs estimé que «c'est une bonne chose d'encadrer la liberté d'expression pour éviter qu'elle ne porte atteinte à autrui». 

«Dès lors qu'un spectacle ou un meeting, quelle que soit sa nature, risque de porter atteinte à l'ordre public, ou est de nature à porter atteinte à la dignité humaine, on jugera en fonction des circonstances, au niveau local et non pas national (...) de la nécessité d'en empêcher la tenue», a-t-elle ajouté. «Les mêmes règles»  doivent, selon elle, s'appliquer «à chaque fois qu'il y a antisémitisme, racisme, apologie de crime de guerre».