Dassault: Ayrault «choqué» par le maintien de l'immunité parlementaire par le Sénat

POLÉMIQUE l faut que la justice puisse faire tout son travail jusqu'au bout pour tout le monde, estime le Premier ministre...

avec AFP

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Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2013.
Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2013. — LCHAM/SIPA

Jean-Marc Ayrault s'est dit jeudi «choqué» par le vote du bureau du Sénat mercredi sur le maintien de l'immunité parlementaire de Serge Dassault et s'est dit favorable à l'avenir à un vote à main levée pour les demandes de levée d'immunité.

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«Il faut rétablir les choses, l'UMP a tout fait pour que l'immunité parlementaire de Serge Dassault ne soit pas levée», a relevé M. Ayrault, pointant en marge de la séance des questions d'actualité au Sénat «la responsabilité politique et morale» de la droite.

«Il n'y a pas d'exception»

Selon le Premier ministre, «il faut que la justice puisse faire tout son travail jusqu'au bout pour tout le monde». «Il n'y a pas d'exception, qu'on soit parlementaire ou simple citoyen», a-t-il fait valoir.

«Donc, je suis choqué par cette décision du bureau du Sénat de ne pas lever l'immunité parlementaire de Dassault», a dit Ayrault.

«Les citoyens doivent pouvoir contrôler ce que font leurs élus»

Le Premier ministre a aussi «approuvé tout à fait les déclarations du président du Sénat, Jean-Pierre Bel, qui s'était prononcé et a voté pour cette levée et qui demande qu'il n'y ait plus aucun vote à bulletin secret» pour les demandes de levée d'immunité.

Il a souligné que c'était l'ancien président UMP du Sénat, Gérard Larcher, qui avait «instauré cette disposition de vote à bulletin secret». «Je pense que les citoyens doivent avoir la possibilité de contrôler ce que font leurs élus de leurs votes», a poursuivi Jean-Marc Ayrault.

«La justice peut, si elle le souhaite, très vite, c'est-à-dire demain, faire une nouvelle demande (de levée d'immunité) et là, je crois que le contexte aura changé car on ne peut continuer avec ce genre de pratiques qui portent atteinte à la démocratie», a ajouté le Premier ministre devant des journalistes.