Listes électorales: Les mairies font la chasse aux 3 millions de non inscrits

POLITIQUE Les citoyens ont jusqu'au 31 décembre...

© 2013 AFP

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A quelques jours de 2014, année riche en rendez-vous électoraux, mairies, associations et élus font feu de tout bois pour pousser à participer au vote les près de trois millions de Français non inscrits sur les listes.
A quelques jours de 2014, année riche en rendez-vous électoraux, mairies, associations et élus font feu de tout bois pour pousser à participer au vote les près de trois millions de Français non inscrits sur les listes. — Philippe Huguen AFP

A quelques jours de 2014, année riche en rendez-vous électoraux, mairies, associations et élus font feu de tout bois pour pousser à participer au vote les près de trois millions de Français non inscrits sur les listes.

A côté des 44.125.000 inscrits sur les listes électorales au 1er mars 2013 selon l'Insee, près de trois millions de personnes également en âge de voter (7% du total) ne pourront aller aux urnes aux municipales de mars et européennes de mai si elles ne s'inscrivent pas avant mardi soir. Le ministère de l'Intérieur présentera les chiffres définitifs en mars, les listes devant être nettoyées et confrontées avec les fichiers envoyés par les mairies.

L'inscription sur les listes électorales à 18 ans est devenue automatique dans les années 2000. Mais de nombreux électeurs potentiels de moins de 45 ans restent invisibles, provoquant une surreprésentation des catégories les plus âgées dans l'électorat. D'autre part, les citoyens issus des milieux sociaux les moins favorisés et les Français récemment naturalisés ont aussi plus de difficulté à régulariser leur situation électorale.

Les nouveaux arrivants visés

A ces non-inscrits s'ajoutent les mal-inscrits, des électeurs qui, ayant déménagé ou étudiant dans une autre ville, sont listés dans un bureau de vote éloigné de leur domicile. Logiquement, ceux-ci sont beaucoup plus nombreux à s'abstenir que la moyenne.

Compte tenu du phénomène abstentionniste -qui a atteint 59% aux européennes de 2009 et 39% aux municipales de 2008-, Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques, calcule que jusqu'à deux tiers de l'électorat potentiel pourrait ne pas passer dans l'isoloir en 2014.

A quelques jours de la date butoir du 31 décembre, mairies et associations se sont mobilisées pour inciter les citoyens non-inscrits à soigner leurs «troubles de l'élection», comme le formulait avec humour la mairie de Dijon. La ville de Paris affiche près de 60.000 nouveaux inscrits entre le 1er mars et la mi-décembre, contre quelque 41.000 sur la même période de 2007 avant la dernière élection municipale.

Les derniers inscrits sont «souvent de nouveaux arrivants» dans une commune, comme le constate Florence Colin, en charge de l'état-civil à l'hôtel de ville de Langueux (7.578 habitants, Côtes-d'Armor). Mais «j'ai vu des fins d'année plus chargées», relève-t-elle.

Une procédure d'inscription lourde

A Lyon, la mairie souligne «un flux assez important» dans les mairies d’arrondissements où se font les inscriptions. Pour favoriser l’accueil,des horaires décalés ont été mis en place: jusqu’à 18H45 dans certaines mairies et les bureaux seront ouverts samedi matin, de même que lundi et mardi jusqu’à 18H00. La ville de Lyon, qui a mené une campagne d’affichage incitant à s’inscrire, met également à disposition son site internet pour le faire à distance, avec un titre d'identité et un justificatif de domicile.

A Villeurbanne, 2ème ville du département du Rhône (145.000 habitants), ce sont quelque 800 personnes qui se sont inscrites depuis le début du mois, contre 400 les mois précédents, selon le responsable du service des élections. Jeudi, 66 habitants se sont présentés à la mairie pour s’inscrire. Les guichets seront encore ouverts lundi et mardi (mais pas samedi) pour les retardataires.

Les prisonniers aussi disposent du droit de vote, sauf lorsqu'ils en ont été expressément privés par la justice. L'association Robin des lois les a appelé jeudi à s'inscrire, la loi pénitentiaire les autorisant à se faire domicilier dans leur établissement pénitentiaire.

Outre ces mobilisations, la solution peut aussi venir de la loi. Le député UDI Jean-Christophe Lagarde a proposé fin 2012 un regroupement des fichiers du ministère de l'Intérieur, de l'Insee et de l'Assurance maladie pour pouvoir mettre à jour les listes électorales.