Edouard Martin, candidat aux Européennes: «C'est nul, il va se faire manipuler», réagissent les internautes

VOTRE AVIS Quand un syndicaliste qui a lutté face au gouvernement pendant des années, se lance en politique, faut-il pleurer ou se réjouir?...

Christine Laemmel

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MOUSSE-POOL/SIPA/SIPA

16 avril 2013. Edouard Martin répond aux internautes de 20 Minutes, au sujet de son livre Ne lâchons rien. «Après vingt mois de lutte, aucune action syndicale (…) n’a vraiment fait peur aux élus, expliquait-il. C’est seulement lorsque nous avons émis cette hypothèse (d’une entrée en politique, ndlr) que nous les avons vu réagir. Finalement, c’est ce qui leur fait vraiment peur.»

Huit mois plus tard, la grande gueule de Florange annonce prendre la tête d’une liste PS aux élections européennes. Une bonne nouvelle pour les ouvriers? Une récupération des politiques? Un retournement de veste? Nous avons posé la question aux internautes de 20 Minutes.

«S’il reste dans ses convictions, on pourra avancer»

Haut les cœurs, la majorité est à l’optimisme. «Bravo M.Martin, écrit un internaute, les ouvriers et employés sont fiers de votre nomination», quand un autre sent déjà souffler «un vent nouveau dans l’hémicycle». Michèle félicite une «décision courageuse», l’important étant de «siéger pour nous défendre», «qu’importe si les socialistes l’ont nommé par opportunisme».

Car la méfiance est plutôt de ce côté. Ils sont peu nombreux à ne pas louer le combat du syndicaliste. Tous assènent des «bonnes chances» qui sonnent comme des vœux de derniers recours, face à la perversion tant redoutée du héros, face à «la jalousie du monde politique qui n'aime pas les experts venus de la société civile», estime Yves.

«Je ne peux le blâmer d'avoir accepté s’il est sincère, nous dit JC, mais pourquoi ne le serait-il pas a priori?» «J’espère qu’il saura garder son aura», attend un internaute, quand un autre anticipe: «S’il reste dans ses convictions, on pourra avancer.»

«Il fera comme les autres, dire amen et s’en mettre plein les poches»

Si à l’inverse, il se laisse happer par «ce ramassis de politiciens», «l’élite», «le marigot», Edouard Martin, tout meneur de lutte sociale qu’il est, n’en sera pas moins fustigé. «S’il se comporte mal, il est évident que je serais le premier à considérer que lui aussi est un voyou», n’hésite pas à dire JC.

Aucun doute pour Julien, persuadé que l’ex-CFDT «se trompe». «C’est nul, il va se faire manipuler, présage cet internaute, il fera comme tous les autres, dire amen et s’en mettre plein les poches.» L’amertume est aussi dans les mots de Leremois, «déçu de voir comment il peut coopérer avec ceux qu'il a vitupérés voici seulement quelques semaines.» Une «belle opération» pour le PS, qui redore son image auprès des classes populaires, une percée d’un ouvrier, qui peut le glorifier définitivement auprès de l’opinion, ou l’achever. «Tous disent que c'est un bon coup, c'est évident! balaye Marc. Mais va-t-il accepter d'être pris simplement pour un bon coup?»