Marine Le Pen fait son tour de Noël aux Champs-Elysées

POLITIQUE La présidente du Front national déambulait ce lundi matin au marché de Noël, sur les Champs-Elysées...

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, présidente du Front national, au marché de Noël sur les Champs-Elysées, le 9 décembre 2013.
Marine Le Pen, présidente du Front national, au marché de Noël sur les Champs-Elysées, le 9 décembre 2013. — E. FEFERBERG/AFP PHOTO

«Mais qui c’est? Marine Le Pen. Ah, c’est qui?» Sur les Champs-Elysées, la venue de Marine Le Pen au marché de Noël, surtout visité par des touristes étrangers, a intrigué. Accompagnée des vice-présidents frontistes Louis Aliot et Florian Philippot, et de Wallerand de Saint-Just, chef de file aux municipales à Paris, la présidente du Front national est venue rencontrer des forains et critiquer le travail détaché, c’est-à-dire le détachement de salariés de l’Union européenne peu chers en France, en vertu d'une directive européenne de 1996. Pour tenter de mettre fin aux abus, les ministres européens du Travail se réunissent d’ailleurs ce lundi à Bruxelles.

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Un travail détaché en France, qui est, selon Marine Le Pen «une coproduction Union européenne-UMPS ». «Cette directive de détachement des travailleurs met en place une concurrence déloyale farouche sur le territoire national qui touche des entreprises de transports, du bâtiment. Je pense que le gouvernement n’obtiendra rien car la Grande-Bretagne, les pays de l’Est, l’Allemagne ne veulent pas que l’on touche à cette directive», ajoute-t-elle.

Marine Le Pen, «une meilleure écoute»?

«Le simple fait de pouvoir aller utiliser des travailleurs étrangers en les payant au smic mais avec les charges de leur pays d’origine crée une concurrence déloyale pour les travailleurs français. Ce qui pousse les entreprises à aller chercher ces travailleurs et donc à remplacer les travailleurs français. On crée une préférence étrangère dans le travail en France», explique-t-elle encore devant une gargote de vin chaud, avant d’appeler à se «détourner de l’Union européenne aux prochaines élections».

>> Notre reportage vidéo sur la réaction des commerçants après le passage de Marine Le Pen

Se promenant parmi les stands, recevant quelques confiseries et un «bozo», un casse-tête en bois, Marine Le Pen a rencontré plusieurs forains. Présente au Salon expo forain en 2011 puis au dernier marché de Noël, où elle avait régalé les photographes en faisant du patin à glace avec son vice-président Florian Philippot, Marine Le Pen a été notamment accueillie par Altiz, «mage des forains» et «dernier diseur de bonne aventure», tient-il à préciser à 20 Minutes.

L’homme, «prêt à recevoir tous les officiels», reconnaît à la présidente du FN «une meilleure écoute que chez d’autres politiques». Se disant apolitique, il ne se fait néanmoins pas prier pour claquer la bise à la frontiste avant qu’elle ne s’engouffre dans sa berline. Un tour de marché que n’a visiblement pas apprécié une autre commerçante, vendeuse de fausses plaques de rues, qui explique à des touristes italiens que la dame blonde est «une femme politique d’extrême droite, raciste comme son père». Une vendeuse de chapeaux est plus pragmatique: «La venue de Marine Le Pen nous fait de la publicité, avec les télévisions qui viennent. Très bien comme cela».