Réforme fiscale: Où est passé Pierre Moscovici?

POLITIQUE Alors que les consultations débutent à Matignon autour de Jean-Marc Ayrault, le voyage du ministre de l'Economie interpelle...

M.P.

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Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, le 11 septembre 2013
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, le 11 septembre 2013 — ERIC PIERMONT / AFP

Jean-Marc Ayrault entame ce lundi ses consultations sur la grande réforme fiscale qu’il a promis la semaine dernière, et son ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, s’envole lui pour la Chine pour un déplacement prévu de longue date. Etonnant puisque c’est Bercy qui mettra au final en œuvre cette grande «remise à plat fiscale».

Est-ce une manière pour le ministre de l’Economie de marquer une fois de plus son mécontentement à l’égard d’Ayrault pour avoir été écarté de la réforme fiscale, ou même mis au courant? Pas du tout, rétorque Pierre Moscovici, qui a assuré dimanche être «totalement en phase» avec Jean-Marc Ayrault. «Evidemment, mon ministère, Bercy, prendra toute sa place dans la réforme fiscale et d'ailleurs comment l'imaginer autrement?», a-t-il ajouté.  Et de préciser: «Il n'y a pas, il n'y a plus d'incident ou de malentendu». Un peu piqué au vif, il a toutefois précisé très diplomatiquement : «peut-être l’annonce ne m’a-t-elle pas réjoui. (…) Sur le reste, ce ministère, Bercy, est tenu. Cette administration d’excellence a besoin d’avoir un chef, je suis le chef de cette administration».

Ne pas «se laisser enterrer vivant»

Une mise au point qui vient après une semaine où Moscovici, d’après l’aveu d’un de ses proches au Journal du Dimanche, était «en état d’incinération». En effet, outre l’annonce d’une grande réforme fiscale dans la presse, Matignon a fait fuiter l’idée d’un remaniement à Bercy, donnant même les noms des remplaçants à la direction du Trésor et du Budget, laissant l’impression que Moscovici ne tenait plus «sa maison». Un motif d’agacement profond pour le ministre de l’Economie, qui s’est ostensiblement affiché vendredi à Bruxelles avec le directeur du Trésor donné partant, Ramon Fernandez, dont il a chanté les louanges.

Dimanche, Pierre Moscovici a rappelé que les nominations au Trésor et au Budget étaient de sa prérogative et qu’elles devaient intervenir «dans un lieu, le conseil des ministres, sur la proposition du ministre concerné, en concertation avec le président et le Premier ministre et dans une relative discrétion». Bref, comme l’annonce le JDD, Moscovici a décidé de ne pas se laisser «enterrer vivant» et de réagir. Au pire, persiflent les mauvaises langues, Moscovici se prépare une porte de sortie en faisant campagne pour la Commission européenne, où il pourrait être nommé commissaire européen après les élections de mai 2014.