Dominique Bertinotti révèle qu'elle souffre d'un cancer

A. S.

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La ministre de la Famille Dominique Bertinotti, le 6 septembre 2013 à Roubaix.
La ministre de la Famille Dominique Bertinotti, le 6 septembre 2013 à Roubaix. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

Pendant de longs mois, elle n’avait rien dit, ni à Jean-Marc Ayrault, ni à sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, ni à aucun des membres du gouvernement. La ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, 59 ans, se confie ce vendredi, dans un article du monde.fr, sur le cancer du sein dont elle est atteinte depuis le début de l’année.

François Hollande, à qui elle avait confié sa maladie après sa première séance de chimiothérapie en mars 2013, était, lui, au courant. «Tu fais le choix que tu souhaites devoir faire pour toi. Tu choisis le silence et je le respecterai», lui a dit le président de la République.

Elle va enlever sa perruque

Dominique Bertinotti va bientôt enlever la perruque qu'elle porte depuis plus de huit mois, indique lemonde.fr, alors que la ministre «vient d'effectuer cette semaine une dernière séance de radiothérapie». Il y a une quinzaine de jours, elle a mis le Premier ministre dans la confidence. «Est-ce que tu as pu te reposer?» lui a-t-il demandé, tombant des nues alors que la ministre a défendu avec combativité le projet de loi sur le mariage pour tous.

«Serais-je restée silencieuse si je n'avais pas été une femme politique? Je ne sais pas. Personne ne peut dire comment on va entrer dans la maladie. Instinctivement, je ne voulais pas mettre le cancer au centre. Je voulais bien être une ministre malade, pas une malade ministre. C'est un tel ébranlement de vous-même… Je ne me sentais pas assez forte pour gérer en plus le regard des autres», confie-t-elle au journal.

Un Conseil des ministres manqué

Une seule fois, à bout de forces en avril, elle a demandé au ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, de la remplacer lors d’un débat tardif sur le mariage pour tous afin de rentrer chez elle plus tôt. Elle a manqué une fois le Conseil des ministres, un lendemain d’opération.

Dominique Bertinotti dit avoir «hésité à raconter son cancer» à un média car «elle ne veut pas susciter la compassion». Elle a sauté le pas «pour aider à faire évoluer le regard de la société sur cette maladie dont le nom est terriblement anxiogène. Pour montrer qu'on peut avoir un cancer et continuer une vie au travail. Pour que les employeurs comprennent que la mise en congé longue maladie n'est pas forcément la meilleure des solutions. Pour qu'il y ait moins de peur, plus de compréhension. Pour qu'on réfléchisse sur les inégalités face au coût des traitements de confort, comme le vernis spécial pour les ongles ou la perruque, qui sont si importants.»