Municipales Paris 2014: Des Web-campagnes en grand

Anne-Laëtitia Béraud

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Nathalie Koscuisko-Morizet à son QG de campagne parisien, le 3 juin 2013.
Nathalie Koscuisko-Morizet à son QG de campagne parisien, le 3 juin 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La campagne pour l’élection municipale à Paris en 2014 s’écrit en grand sur Internet. Les Web-campagnes d’Anne Hidalgo (PS) et Nathalie Kosciuko-Morizet (UMP) se déclinent ainsi toutes deux sur différents sites et réseaux sociaux tels qu’Instagram, Flickr, Dailymotion et YouTube, en plus des inévitables Facebook, Google+, et Twitter. Objectifs: convaincre, dialoguer, répondre aux attaques, et surtout mobiliser les électeurs. Car, comme l’explique Jean-Didier Berthault, directeur de la campagne de NKM, «l’outil numérique est au service de l’action militante. Le but est de créer des connexions entre les uns et les autres».

>> «Cette Web-campagne sera de plus en plus féroce», lire l'avis d'un consultant en réseaux sociaux ici

Volontaires prêts à dégainer sur les réseaux pour leur candidate

Plus que cette présence sur la Toile, c’est l’utilisation de ces technologies qui fait la différence. Cela nécessite des moyens humains: «Notre équipe “riposte” et “influence” compte une dizaine de personnes, mais nous avons 2.000 militants qui alimentent les contenus. On délègue, on fonctionne à la confiance», souligne Clémence Pène, responsable de la campagne Web d’Anne Hidalgo. «Il y a une équipe en centrale d’une dizaine de personnes», développe Jean-Didier Berthault. «Mais nous avons tout un réseau de volontaires, actifs sur les réseaux sociaux. Il y a 200 personnes et très vite, c’est repris sur Internet.» Un engagement 24 heures sur 24, assure l’élu UMP: «Cela tourne en permanence.»

Hyper-réactives, ces équipes créent avec ces outils de nouveaux usages. Dans l’équipe de la candidate UMP, des affiches font l’objet «d’une co-création» via un concours photo. Plusieurs photographes vont proposer aux internautes leur affiche de NKM. L’image qui aura recueilli le plus de clics sera ensuite largement diffusée. Quant à Hidalgo, elle propose pour la première fois ce jeudi une visio-conférence («hangout») en direct sur Internet, pendant laquelle les internautes pourront échanger avec elle. «Cette campagne peut aussi être fun sur certains canaux», s’exclame Clémence Pène, citant les mini-vidéos de la candidate sur Vine.

Connaître l’internaute

Mais avant de parler et de convaincre l’internaute, il faut le connaître. Pour cela, ces équipes utilisent une batterie d’outils de profilage, de réseautage, d’e-mailing afin d’identifier les électeurs. Clémence Pène, qui a travaillé pour la campagne présidentielle digitale de Barack Obama, aux Etats-Unis, loue les services de l’agence Blue State Digital dans ce domaine. «L’analyse ciblée de la donnée permet de disposer d’informations, rues par rues dans Paris», explique-t-elle, jugeant que cette technologie a entraîné un «saut qualitatif» dans la web-campagne. 

Dans l’équipe de NKM, deux plateformes sont utilisées: l’une regroupant toutes les données publiques («open data») et une autre, Memento, qui cible l’ensemble des actions de terrain des militants et les retours d’expériences. Mais, comme le remarquent ces deux responsables, la technologie n’a de sens que si elle interagit efficacement avec la campagne sur le terrain.