Remise à plat de la fiscalité: Des réactions politiques contrastées

POLITIQUE Les détracteurs de l'initiative de Jean-Marc Ayrault estiment qu'elle prouve l'instabilité fiscale du gouvernement...

D.B. avec AFP

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault, à la sortie d'un conseils des ministres le 6 mars 2013.
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault, à la sortie d'un conseils des ministres le 6 mars 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les annonces de Jean-Marc Ayrault dans Les Echos ce mardi  «remise à plat» de la fiscalité ont suscité des réactions opposées dans la classe politique.

Sans surprise, Premier secrétaire du PS, Harlem Désir s'est félicité dans un communiqué «de l'ouverture d'un dialogue avec les partenaires sociaux». «Le débat autour de la fiscalité ne peut se limiter à celui sur son niveau, même si ce dernier est essentiel dans le contexte économique actuel. Il doit porter sur le sens de l'impôt, sur les enjeux de lisibilité, de stabilité et d'équité», a-t-il ajouté. Christian Estrosi, député-maire (UMP) de Nice, s'est également dit «favorable» à la remise à plat de la fiscalité, à condition toutefois que celle-ci «amène moins d'impôts et plus de pouvoir d'achat.» Le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, considére aussi qu'il n'est  «jamais trop tard» pour remettre à plat la fiscalité.

Le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly a également salué mardi la «bonne initiative» du Premier ministre: «Il y a la nécessité d'entamer une grande réforme fiscale». La fiscalité, «cela porte sur deux éléments : il faut que les citoyens aient le sentiment qu'elle est équitablement perçue et équitablement répartie», a-t-il ajouté. Jean-Michel Baylet, le président du Parti Radical de Gauche (PRG), a aussi salué la «volonté» de Jean-Marc Ayrault de rendre l'impôt «plus compréhensible et plus juste», après l'annonce d'une remise à plat de la fiscalité par le Premier ministre. Une initiative plutôt jugée favorablement aussi  par le président du Medef, Pierre Gattaz: «Il faut saluer l'acte de dire qu'on va ouvrir un chantier sur la fiscalité». Même s'il a émis quelques réserves: «On ira la première fois mais on ne restera pas si c'est juste pour faire un jeu de bonneteau sur la fiscalité intérieure des entreprises»

L'opposition tire à boulets rouges

Mais les détracteurs de l'annonce de Jean-Marc Ayrault ont été plus nombreux. Jean-François Copé, président de l'UMP, a ainsi jugé sur France 2 que la priorité pour une économie française dans une situation «très grave» est de baisser les impôts, et non la «réforme technique» annoncée par Jean-Marc Ayrault. Valérie Pécresse, ex-ministre UMP du Budget, s'est montré plus vindicative, en jugeant «surréaliste» une remise à plat de la fiscalité alors que l'Assemblée doit adopter un budget «marqué par l'instabilité fiscale». «Ayrault est un parfait pompier pyromane ! Après avoir détruit le consentement à l'impôt, il invente le grand soir fiscal», a renchéri  sur Twitter, Eric Woerth, député UMP de l'Oise, ancien ministre du Budget.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé dans un communiqué que Jean-Marc Ayrault n'avait «rien compris à l'absurdité de sa politique fiscale qui crée de l'injustice, détruit de la croissance et accroît les déficits en diminuant les rentrées d'impôts».Même scepticisme chez Philippe Vigier, porte-parole de l'UDI: «il est nécessaire de rétablir la confiance en annulant les hausses de TVA prévues au 1er janvier pour que le débat sur la fiscalité annoncé par le Premier ministre ne devienne pas qu'un écran de fumée destiné à masquer l'indécision et l'absence de cap du gouvernement». Reste à savoir si l'annonce du Premier ministre contribuera à appaiser la fronde fiscale qui gronde dans le pays.