Congrès des maires: Jean-Marc Ayrault en terrain miné

POLITIQUE Le Premier ministre s'exprime mardi devant l'assemblée des maires de France…

Matthieu Goar

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Jean-Marc Ayrault, premier ministre, lors du congrès des maires de France, le 19 novembre à Paris.
Jean-Marc Ayrault, premier ministre, lors du congrès des maires de France, le 19 novembre à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Sur un sol instable, Matignon a déjà commencé à déminer le terrain. En deux temps. Lundi soir, Jean-Marc Ayrault annonce dans une interview aux Echos qu'il désire engager une «remise à plat» de la fiscalité. Mardi matin, sur RTL, son ministre de l’Ecologie, Philippe Martin embraye et explique que la suspension de l’écotaxe durera jusqu’à la fin de la réforme de la «fiscalité globale», ce qui nous amène au mieux à début 2015. «Mieux vaut prendre le temps de l'explication plutôt que d'imposer», glisse Philippe Martin.

De quoi bien préparer une journée de mardi qui s’annonce compliquée pour Jean-Marc Ayrault, invité à s’exprimer devant le Congrès des maires de France, un peu tendus à 5 mois des municipales. Alors que François Hollande est toujours au Proche-Orient, c’est le Premier ministre qui est chargé d’essuyer la colère des premiers magistrats. Fiscalité, baisse des dotations (en 2014, puis à nouveau en 2015, 840 millions d'euros en moins), écotaxe, normes, rythmes scolaires, les sujets d’inquiétude des 36.769 maires de France sont nombreux. Particulièrement chez les élus socialistes, inquiets des récriminations de leurs administrations contre l’exécutif national.

Des sifflets attendus

Depuis quelques jours, Jacques Pélissard, le président UMP de l’Association des maires de France, fait monter la pression, agite les deux milliards de charges supplémentaires subies par les mairies (revalorisation de salaires de fonctionnaires territoriaux, hausse de cotisations, rythmes scolaires...) «J’espère qu’il apportera des réponses aux maires. L’Etat doit nous écouter, par exemple en créant enfin le Haut conseil des territoires qui pourrait être un lieu de conciliation», explique Pelissard qui ne nie pas que l’accueil du Premier ministre sera peut-être un peu houleux. «En début de séance, il est possible que cela siffle. Après tout, Raffarin et Fillon avaient subi cela. Mais j’appelle les maires à un accueil républicain et à un débat constructif.»

A Matignon, on décrit un Premier ministre «serein», «à l’écoute», riche d’une «expérience de 35 ans de maire de Nantes». «Il n’est pas question de nier les difficultés. Mais il faut aussi rappeler les choses qui ont été faites, notamment au niveau de la fiscalité», explique une conseillère qui cite la création de l’Agence de financement des collectivités locales «réclamée depuis des années». «Oui il peut y avoir un peu de chahut mais nous faisons confiance à l’esprit républicain des maires. Le dialogue doit se construire pour envisager cette réforme globale de la fiscalité», conclut cette conseillère.