Des intellectuels réunis autour de Taubira contre le racisme

avec AFP

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Christiane Taubira, le 14 novembre 2013 à Marseille.
Christiane Taubira, le 14 novembre 2013 à Marseille. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

A son arrivée en fin d'après-midi au cinéma Saint-Germain, Christiane Taubira a été accueillie par une longue ovation et des youyous de femmes par près de 250 personnes venues à l'appel de la revue La Règle du jeu, en partenariat avec SOS Racisme.

«Dire notre colère face à cece retour de l'infâmie»

«Nous sommes là pour dire notre colère face à cette montée, ce retour de l'infâmie et du racisme, mais aussi notre colère face à tout ce que l'on entend et à tous ces propos qui sont en train tout doucement d'expliquer, de justifier ou d'excuser partiellement ce qui vous a été fait», a lancé Bernard-Henri Lévy. Le philosophe est revenu sur les attaques qui ont visé la garde des Sceaux ces dernières semaines, comparée à plusieurs reprises à un singe, notamment par une enfant lors d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel.

Il a dit son «admiration» à l'égard de la façon dont Christiane Taubira a «résisté à la tentation qui aurait pu être la (sienne) de donner à cette infâmie une interprétation politique au sens étroit» . Par «la façon dont vous avez, à chacune de vos interventions (...), refusé toute espèce d'utilisation politicienne (...) vous avez donné là un grand et bel exemple de morale républicaine», a-t-il insisté.

Taubira: «Je crois que c'est le pays qui se remet à vivre»

Après avoir déploré le 6 novembre dans Libération des réactions «pas à la mesure», la ministre a salué dimanche l'élan de solidarité et de sympathie qui a suivi. «Cette nation a été construite au-delà de toute tribu (...) Elle a été construite comme une communauté de citoyens, de personnes singulières ayant les mêmes droits (...) Ceux-là qui s'enfoncent dans l'animalité (...) nous rappellent à la vigilance», a dit Mme Taubira « émue»  et «reconnaissante». «Les eaux étaient dormantes et cette circonstance, qui nous a figés dans un premier temps, nous remet en branle. Je crois que c'est le pays qui se remet à vivre», a-t-elle noté.

Par ces attaques racistes, «on a l'expression des préjugés légués par le colonialisme et par l'esclavage»  qui «n'ont pas été totalement extirpés de la société», a déclaré Dominique Sopo, ex-président de SOS Racisme. De nombreuses initiatives et marches antiracistes ont été annoncées ces derniers jours, surtout après que l'hebdomadaire d'extrême droite Minute eut comparé en couverture Christiane Taubira à un singe. Dimanche à la mi-journée, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées à Sarcelles (Val-d'Oise) devant une stèle d'Aimé Césaire et le monument en hommage aux victimes de l'esclavage.