Paris: Le chef de file de NKM dans le 11e occupe un logement social

LOGEMENT C'est le troisième candidat aux municipales épinglé pour ce genre de pratique...

M.Gr.
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Jack-Yves Bohbot, le 11 septembre 2006 à Paris
Jack-Yves Bohbot, le 11 septembre 2006 à Paris — JOEL SAGET / AFP

88 m2 pour 1.500 euros par mois charges comprises. C'est le tarif -plutôt avantageux- dont bénéficie Jack-Yves Bohbot (UMP), candidat aux municipales à Paris dans le 11e pour le logement social qu'il occupe dans le Marais (4e), à deux pas du métro Saint-Paul. Selon les informations révélées ce mercredi par Le Lab, le chef de file de Nathalie Kosciusco-Morizet dans le 11e loue depuis 1991 cet appartement de quatre pièces qui, selon différentes estimations coûterait environ 2.500 euros dans le privé.

Salaire de «3.600 euros par mois»

Contacté par Le Lab, Jack-Yves Bohbot a reconnu être titulaire du bail de l'appartement. Mais invoquant une situation familiale compliquée, il dit refuser à l'heure actuelle de s'engager à résilier le bail du logement social, dans lequel il assure ne plus vivre.

>> Posez vos questions à Nathalie Kosciusko-Morizet, elle y répondra durant un chat à partir de 17h

Agé de 57 ans, Jack-Yves Bohbot est «senior manager» au cabinet Deloitte, comme mentionné sur son profil Linkedin. Selon un expert sollicité par Le Lab, un tel poste pour être rémunéré «entre 90.000 et 120.000 euros brut par an sans les bonus et sur la base d'un temps plein». De son côté, Jack-Yves Bohbot parle d'un salaire de «3.600 euros par mois»

«Tartufferie de la droite parisienne»

Le 6 novembre, un autre chef de file de la candidate UMP à la Mairie de Paris avait été épinglé par le même site. Jean-Jacques Giannesini, qui devrait conduire la liste dans le 19e arrondissement de Paris, bénéficiait lui aussi d'un logement social.

Il avait rapidement annoncé, dans un communiqué de presse diffusé quelques heures plus tard, qu'il rendait son logement social pour se mettre «en conformité avec la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet».

Ce mercredi matin, Ian Brossat, chef de file du groupe communiste et des élus du parti de gauche au conseil de Paris, a ironisé sur la situation via son compte Twitter. Il y écrit: «A l'UMP Paris, on n'aime pas le logement social. Sauf pour y placer les siens...», avant de renvoyer vers un communiqué, qui dénonce une «tartufferie de la droite parisienne». 

Une candidate PS aussi

Le communiqué rappelle en effet que, ce mercredi «à l’occasion du Conseil de Paris, le groupe UMP dépose un vœu dans le cadre du Plan de Sauvegarde du Marais visant... à réduire la production de logements sociaux dans le 3e et le 4e arrondissement de Paris».

Dans le camp adverse, Carine Petit (PS) avait été épinglée pour avoir occupé pendant onze un logement social de la Régie immobilière de Paris (RIVP). Un trois-pièces situé boulevard Jourdan (14e) que la candidate dans le 14e arrondissement a quitté en 2011.