Le PS serre les rangs (provisoirement) derrière Jean-Marc Ayrault

Alexandre Sulzer

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Le 25 avril 2013. Jean-Marc Ayrault en interview a Matignon
Le 25 avril 2013. Jean-Marc Ayrault en interview a Matignon — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il faut sauver le soldat Ayrault. Après les propos du député de l’Essonne Malek Boutih appelant le Premier ministre à démissionner, les principaux cadres socialistes ont fait bloc pour démontrer l’unité, au moins provisoire, du parti. Tout au long de la journée de mardi, les ténors se sont succédé pour apporter un soutien au chef de l’exécutif. Ainsi en est-il de la maire de Lille Martine Aubry qui dit lui apporter son «plein soutien».

«Les attaques contre le Premier ministre sont contre nous», a affirmé le chef de file du groupe PS à l’Assemblée nationale dont le message était mardi on ne peut plus clair: «Je dis aux socialistes: si vous ne sortez pas aujourd'hui l'étendard de la fierté de l'action entreprise, alors rien ne sera possible demain». Le groupe a d’ailleurs réservé une standing ovation au Premier ministre lors de la réunion hebdomadaire.

Pas de sanctions contre Malek Boutih

Selon l’une des porte-parole du groupe PS, Annick Lepetit, «les réactions de nombreux députés (…) ont été extrêmement négatives aux propos tenus par Malek Boutih. Dans les moments difficiles, il faut montrer du caractère et Malek n'en a pas montré ». Pour autant, des sanctions contre le député de l’Essonne ne sont pas «pour le moment» envisagées, même si elles ont été évoquées lors de la réunion du bureau du groupe PS.

Explication de texte d’un autre porte-parole du groupe socialiste, Thierry Mandon: «Le rôle d'un député, ce n'est pas de donner des cartons rouges, des cartons jaunes, mais de mouiller le maillot, et c'est ce qui a été dit» à Malek Boutih. Il n’est pas plus question de céder sur un discours de politique générale, comme le réclame le chef du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob. «Le cap est maintenu», martèle-t-on au PS où l’on ne voit pas l’intérêt de revenir sur les principaux objectifs du gouvernement.

«Certains députés voulaient ce matin en profiter pour émettre des critiques mais ils ont été recadrés et ont peur de s’exprimer», glisse un cadre du parti à 20 Minutes. «Il y a très certainement un saut à faire dans ce qu'est la cohérence de la majorité aujourd'hui», a concédé Bruno le Roux. Si le recadrage a porté ses fruits mardi, ses effets pourraient être de courte durée.