Racisme: Christiane Taubira ovationnée par la gauche et le centre à l'Assemblée

POLITIQUE La garde des Sceaux avait reçu des messages publics de soutien dans la matinée du Président et du Premier ministre...

avec AFP

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La garde des Sceaux Christiane Taubira le 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale à Paris.
La garde des Sceaux Christiane Taubira le 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La garde des Sceaux Christiane Taubira a été ovationnée par les députés de gauche et du centre mercredi à l'Assemblée, où elle a remercié le président François Hollande, Jean-Marc Ayrault et les députés pour leur soutien face aux attaques racistes dont elle a été la cible.

A l'occasion d'une question adressée à la garde des Sceaux, le député UDI de Polynésie Edouard Fritch lui a déclaré la solidarité de son groupe politique, et en particulier de Jean-Louis Borloo, face aux attaques racistes «injustes et indignes». Quand Christine Taubira a débuté sa réponse en remerciant pour les soutiens reçus, tous les députés, sauf ceux de l'UMP, se sont levés pour l'applaudir.

La ministre a exprimé sa «profonde gratitude à monsieur le Premier ministre qui, dès la première minute, m'a manifesté son soutien sans faille, absolument sans faille». Elle a aussi remercié «le président de la République qui aussi dès la première minute et à deux reprises en conseil des ministres a fait une déclaration tout à fait solennelle de l'agression contre le pacte républicain» que constituent ces attaques. Elle a également dit sa gratitude «à tous les députés qui ont manifesté d'une façon ou d'une autre leur réprobation de telles pratiques et de tels propos».

Le soutien de Hollande, Ayrault et Borloo

Dans une interview mercredi à Libération, Mme Taubira avait jugé «pas à la mesure» les réactions aux attaques dont elle est l'objet, qu'elle a qualifiées de danger pour «la cohésion sociale» et de «digues qui tombent». «Le sujet, ce n'est pas ma personne,» a-t-elle ajouté.

Elle avait reçu des messages publics de soutien dans la matinée du président et du Premier ministre.

Peu après la séance des questions au gouvernement, le président de l'UDI Jean-Louis Borloo a déclaré dans les couloirs de l'Assemblée que les attaques contre la ministre sont «évidemment inadmissibles». «Ce qui est très grave, c'est que c'est au-delà de Mme Taubira: c'est toute personne qui peut avoir une différence visible. On est totalement blessés, la République c'est l'inverse de ça», a-t-il lancé.

La ministre a notamment récemment été comparée à un singe sur la page Facebook d'une candidate Front national, exclue depuis, et traitée de «guenon» par des enfants lors d'une manifestation contre le mariage homosexuel.