UDI-MoDem: L'Alternative est-elle une alliance du centre ou de centre-droit?

Alexandre Sulzer

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Jean-Louis Borloo de l'UDI et François Bayrou du Modem officialisent  leur union politique baptisée «l'Alternative» lors d'une conférence de  presse à la Maison de la chimie à Paris, le 5 novembre 2013.
Jean-Louis Borloo de l'UDI et François Bayrou du Modem officialisent leur union politique baptisée «l'Alternative» lors d'une conférence de presse à la Maison de la chimie à Paris, le 5 novembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Ils réaménagent ensemble. Sur un fond gris, plein de gravité, Jean-Louis Borloo et François Bayrou ont signé une charte – baptisée «L’Alternative» - dans laquelle les deux formations qu’ils président, l’UDI et le MoDem – s’engagent à se présenter «ensemble à toutes les élections nationales, régionales et européennes». Tous les termes du document ont été pesés longuement pour positionner «L’Alternative» dans le spectre politique. Finalement, il est écrit que «l’alliance avec le PS et les appareils de la coalition au pouvoir est impossible. En ce qu’elle respecte les valeurs humanistes, la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique». Alors, de centre-droit, «L’Alternative»?

«Vous n’avez pas bien écouté», nie, professoral, François Bayrou. «Il y a des traditions politiques», explique le président du MoDem qui reconnaît des «sensibilités différentes au centre». La charte indique d’ailleurs considérer «que le pays a besoin d’une large majorité réformiste, allant non seulement de la droite républicaine au Centre mais jusqu’aux sensibilités écologistes et sociales-démocrates». Une précision qu’avait notamment exigée Jean-Luc Bennhamias, le vice-président du MoDem, ancien des Verts.

Sourire gêné de Borloo

Alors, pas de centre-droit «L’Alternative»? Sourire gêné de Jean-Louis Borloo. «On dit simplement qu’on ne s’enferme pas dans un appareil», glisse-t-il du bout des lèvres, conscient que les parlementaires UDI restent attachés à des alliances avec l’UMP et n’ont pas apprécié la stratégie trop autonomiste de François Bayrou au cours des deux dernières élections présidentielles. Une ligne un peu schizophrène que ne devrait pas régler l’absence d’organigramme commun. Un simple organe de coordination politique rassemblera les parlementaires des deux formations et un bureau exécutif restreint sera désigné ultérieurement.

D’où la question du leadership que François Bayrou et Jean-Louis Borloo feignent d’ignorer. «Nous n’avons aucune intention de nous laisser enfermer dans la rivalité qui nous opposerait», a réagi François Bayrou pour qui la question est «anachronique». «La France n’est pas bonapartiste», a abondé Jean-Louis Borloo. La première épreuve du feu pour les deux nouveaux amis sera les municipales, exclues volontairement du champ de la charte puisqu’il y est précisé que les accords se feront «ville par ville».  Aux dernières nouvelles, les élus MoDem d’exécutifs sortants pourront reconduire leurs alliances avec la gauche mais ceux qui se risqueraient à de nouvelles seront exclus, comme l’a été Jean-François Martins à Paris. «L’Alternative» a deux visages et… deux vitesses.